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Une équipe internationale de scientifiques, dirigée par l’université de Glasgow, a annoncé des découvertes qui pourraient ouvrir la voie à un nouveau traitement pour l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ces découvertes identifient une nouvelle classe de médicaments qui inversent les symptômes de l’asthme dans des modèles animaux.

Inverser les symptômes de l’asthme

Cette recherche a également permis de découvrir que ces mêmes médicaments, lorsqu’ils sont appliqués à des échantillons de poumons obtenus de donneurs humains, ont des effets similaires à ceux observés chez les modèles animaux. Les scientifiques pensent que ces résultats combinés offrent un nouvel espoir que ces médicaments pourraient fournir de nouveaux médicaments pour les maladies pulmonaires inflammatoires humaines.
Les médicaments utilisés par l’équipe de Glasgow fonctionnent selon un mécanisme distinct de celui des médicaments actuellement prescrits pour l’asthme et la BPCO. Ces résultats décrivent une voie vers des traitements alternatifs pour les patients souffrant de formes graves d’asthme et de BPCO, qui ne sont pas contrôlées par les traitements actuels.
Cette nouvelle approche est centrée sur l’activation d’une protéine qui, jusqu’à présent, était connue pour répondre aux graisses contenues dans notre alimentation. Cette protéine, appelée récepteur d’acide gras libre 4 (FFA4), se trouve dans l’intestin et le pancréas où elle est activée par les graisses alimentaires, notamment l’huile de poisson oméga 3. Une fois activé, le FFA4 est connu pour aider à contrôler les niveaux de glucose dans notre sang.

La protéine FFA4 permet de détendre les poumons

Étonnamment, l’équipe de Glasgow a découvert que la FFA4 est également présente dans les poumons humains. En concevant une nouvelle classe de médicaments qui activent la FFA4 dans les poumons, les chercheurs ont découvert que le muscle qui entoure les voies respiratoires se détend, ce qui permet à l’air de pénétrer plus facilement dans les poumons.
Ils ont également découvert que les activateurs de la FFA4 réduisaient également l’inflammation causée par l’exposition des souris à la pollution, à la fumée de cigarette et aux allergènes comme les acariens de la poussière de maison qui causent l’asthme. Ils ont ainsi établi que l’activation de la FFA4 peut inverser les principales caractéristiques des maladies pulmonaires inflammatoires, ce qui ouvre la voie à de nouveaux médicaments pour le traitement de ces maladies.
Andrew Tobin, professeur de pharmacologie moléculaire à l’université de Glasgow, a déclaré : « ce fut en effet une surprise de constater qu’en ciblant une protéine qui, jusqu’à présent, était considérée comme activée par les huiles de poisson dans notre alimentation, nous pouvions détendre les muscles des voies respiratoires et prévenir l’inflammation. Nous sommes optimistes quant à la possibilité de poursuivre nos recherches et de développer un nouveau médicament pour traiter l’asthme et la BPCO ».
Le professeur Graeme Milligan, titulaire de la chaire Gardiner de biochimie à l’université de Glasgow, a ajouté : « nous avons été ravis de constater l’efficacité de cette classe de médicaments pour soulager les symptômes causés non seulement par les agents qui provoquent l’asthme, mais aussi par les polluants et la fumée de cigarette ».

Identification d’un nouveau mécanisme

Le professeur Christopher Brightling, auteur de l’article de l’université de Leicester et consultant en médecine respiratoire auprès des hôpitaux universitaires du NHS Trust de Leicester, a déclaré : « par l’identification de ce nouveau mécanisme, nous offrons l’espoir de concevoir de nouveaux médicaments efficaces pour les patients qui ne répondent pas aux traitements actuels ».
Cette recherche a été publiée dans Science Translational Medicine.
Source : University of Glasgow
Crédit photo : RawPixel