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Les probiotiques peuvent améliorer le microbiome chez les prématurés, selon les résultats d’une nouvelle étude majeure menée par l’Institut Quadram, l’Université d’East Anglia et l’Hôpital universitaire de Norfolk et Norwich (NNUH).

Les probiotiques chez les prématurés

Cette nouvelle recherche montre comment des souches spécifiques de bactéries probiotiques Bifidobacterium et Lactobacillus administrées aux prématurés en même temps que le lait maternel contribuent à modeler leurs populations microbiennes et la santé de leurs intestins pour qu’elles correspondent à celles des bébés nés à terme. Cela les aide à combattre les infections potentielles, à tirer pleinement parti de la digestion du lait maternel et pourrait aider ces bébés vulnérables à survivre et à prendre un bon départ dans la vie.
Le microbiome intestinal est une communauté complexe de billions de bactéries et autres microbes qui réside dans notre système digestif. Un microbiome sain aide à digérer les aliments et empêche la colonisation de bactéries pathogènes, tout en apportant d’autres avantages pour la santé que la science commence à comprendre.
Les bébés prématurés sont plus susceptibles d’avoir été mis au monde par césarienne, ce qui peut les priver de la possibilité d’obtenir des microbes bénéfiques de leur mère, un problème que viennent compliquer les longues périodes d’attente dans les unités de soins intensifs néonatals. La supplémentation en probiotiques à l’aide de souches bactériennes bénéfiques appropriées est un moyen de contourner ces problèmes. Une étude antérieure menée par l’équipe de Norwich a montré que la supplémentation systématique en probiotiques était associée à une réduction de moitié des taux d’entérocolite nécrosante (ECN) et de septicémie.
Certaines unités de soins intensifs néonatals administrent désormais systématiquement des probiotiques aux prématurés, mais la majorité d’entre elles ne le font pas, en partie parce qu’il n’y a pas eu d’étude à long terme sur les avantages, notamment sur la façon dont le microbiote peut changer. Pour y remédier, le groupe du Dr Lindsay Hall de l’Institut Quadram a travaillé avec le professeur Paul Clarke du NNUH et de l’UEA pour lancer l’étude BAMBI (Baby-Associated MicroBiota of the Intestine).

Une étude comparant 101 et 133 nourrissons

Les chercheurs ont mené une étude d’observation prospective, comparant 101 nourrissons supplémentés par voie orale avec des souches spécifiques de Bifidobacterium bifidum et de Lactobacillus acidophilus dans l’unité de soins intensifs néonatals (USIN) du NNUH avec 133 nourrissons d’autres USIN qui ne fournissaient pas actuellement de suppléments probiotiques. Ces bébés ont été appariés par âge, sexe et méthode d’accouchement dans les deux groupes. Avec le consentement et la coopération des parents, les chercheurs ont recueilli des échantillons de selles de chacun de ces bébés au cours de leurs 100 premiers jours de vie.
Les nourrissons supplémentés avaient un microbiote dominé par Bifidobacterium, tandis que les nourrissons non supplémentés contenaient une série de bactéries, notamment des Staphylocoques, l’Escherichia et la Klebsiella qui sont potentiellement pathogènes. Ce profil varié est plus typique de l’intestin d’un bébé prématuré, et les chercheurs suggèrent que cela montre que la supplémentation orale peut efficacement déloger ces bactéries.
Ce qui fait que les Bifidobacterium colonisent bien l’intestin du nourrisson, c’est leur capacité à se développer grâce au lait maternel humain. Celui-ci contient des sucres appelés oligosaccharides du lait humain (HMO) que les bébés ne peuvent pas digérer par eux-mêmes, mais qui agissent comme des prébiotiques ou des nutriments pour les bactéries. Les chercheurs ont confirmé que la souche de Bifidobacterium utilisée dans cette étude contenait des gènes lui permettant de digérer des HMO spécifiques.

Imiter la relation symbiotique 

Pour être efficace, la supplémentation doit imiter la relation symbiotique que l’on trouve dans la nature en utilisant des souches bactériennes qui peuvent libérer les prébiotiques dans le lait maternel pour établir une population saine et, ce faisant, maintenir le bébé en bonne santé.
Cette recherche a été publiée dans Cell Reports Medicine.
Source : University of East Anglia
Crédit photo : RawPixel