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Les souris d’âge moyen auxquelles on a ajouté l’alpha-kétaglutarate (AKG), un métabolite naturel, à leur nourriture ont bénéficié d’une meilleure « vieillesse ». Elles étaient en meilleure santé en vieillissant et ont expérimenté une période de maladie et d’invalidité beaucoup plus courte avant de mourir, une première pour la recherche sur les mammifères. Les résultats de cette étude en double aveugle étaient basés sur des marqueurs de la durée de vie cliniquement pertinents.

L’AKG : un métabolite naturel

Des études antérieures montrent que le taux de plasma sanguin d’AKG peut être multiplié par dix avec l’âge. Le jeûne et l’exercice, dont il est déjà prouvé qu’ils favorisent la longévité, augmentent la production d’AKG. L’AKG n’est pas présente dans l’alimentation normale, ce qui fait de la supplémentation le seul moyen possible de rétablir ses niveaux.
L’AKG est impliqué dans de nombreux processus physiologiques fondamentaux. Il contribue au métabolisme, en fournissant de l’énergie pour les processus cellulaires. Il aide à stimuler la synthèse du collagène et des protéines et influence les processus liés au vieillissement, notamment la prolifération des cellules souches. L’AKG inhibe la dégradation des protéines dans les muscles, ce qui en fait un complément populaire auprès des athlètes. Il a également été utilisé pour traiter l’ostéoporose et les maladies rénales.
« Les souris qui ont été nourries à l’AKG ont montré une diminution des niveaux de cytokines inflammatoires systémiques », a déclaré Azar Asadi Shahmirzadi scientifique principal de cette étude. « Le traitement à l’AKG a favorisé la production d’interleukine 10 (IL-10) qui a des propriétés anti-inflammatoires et aide à maintenir l’homéostasie normale des tissus. L’inflammation chronique est un facteur important du vieillissement. Nous pensons que la suppression de l’inflammation pourrait être à la base de l’allongement de la durée de vie et probablement de la santé, et nous attendons avec impatience un suivi plus approfondi à cet égard ». Elle a également ajouté : « Nous n’avons observé aucun effet négatif significatif lors de l’administration de ce métabolite, ce qui est très important ».

Certains résultats étaient spécifiques au sexe

Asadi a déclaré que de nombreux résultats de cette étude étaient spécifiques au sexe; les souris femelles s’en tirant généralement mieux que les mâles. La couleur de la fourrure et l’état du pelage se sont considérablement améliorés chez les femelles traitées; les animaux ont également expérimenté une amélioration de la démarche et de la cyphose, une courbure de la colonne vertébrale souvent observée avec l’âge.
« Les femelles ont également bénéficié d’une amélioration de la piloérection, qui implique la contraction involontaire de petits muscles à la base des follicules pileux. « Cette mesure est liée à la douleur et à l’inconfort de l’animal », a-t-elle déclaré. « Les animaux traités ont montré une capacité étendue à se toiletter ». Asadi a déclaré que les souris mâles traitées avec l’AKG étaient plus aptes à maintenir leur masse musculaire en vieillissant, avaient une meilleure démarche et une meilleure force de préhension, moins de cyphose et présentaient moins de tumeurs et une meilleure santé des yeux.
Les chercheurs affirment que les effets constants de l’AKG sur la longévité de la levure, de C. elegans et maintenant des souris, montrent que ce métabolite affecte un mécanisme de vieillissement conservé par l’évolution, qui sera probablement transposé aux humains. Un essai clinique de l’AKG impliquant des personnes âgées de 45 à 65 ans est prévu pour analyser la longévité en bonne santé .

Une étude impliquant des humains

« Cet essai examinera l’horloge épigénétique ainsi que les marqueurs standard du vieillissement, notamment la vitesse des ondes de pouls et l’inflammation entre autres », a déclaré le professeur Brian Kennedy, coauteur principal de cette étude. « Cette opportunité nous permettra d’aller au-delà des preuves anecdotiques. Des données cliniques réelles aideront à informer les médecins et les consommateurs désireux d’améliorer leur santé dans le contexte du vieillissement ».
Cette recherche a été publiée dans Cell Metabolism.
Source : Buck Institute for Research on Aging
Crédit photo : Pixabay