trop-de-co2-réduit-espérance-de-vie-des-arbres
Les arbres qui poussent plus vite meurent plus jeunes, a confirmé une étude sur les cernes des arbres. De nombreux arbres dans le monde entier meurent déjà plus jeunes en raison de l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone et des températures. Cela signifie que les forêts vont stocker moins de carbone que nous le pensions, ce qui aggravera le changement climatique.

Les arbres vivent moins longtemps

« Tout le carbone supplémentaire que les arbres absorbent sortira du système plus rapidement », déclare Roel Brienen de l’université de Leeds, au Royaume-Uni. « Cet effet se produit déjà dans certains endroits, comme l’Amazonie. »
On soupçonne depuis longtemps que les arbres qui poussent plus vite meurent plus jeunes, et cela a déjà été démontré pour certains arbres. L’équipe de M. Brienen a maintenant confirmé que c’est vrai en analysant les données sur les cernes de croissance des arbres dans le monde entier.
On ne sait pas exactement pourquoi une croissance rapide entraîne une mort précoce. Cela pourrait être dû au fait que les arbres qui poussent plus vite atteignent leur taille maximale plus tôt. « C’est l’explication la plus simple, mais nous ne pouvons pas dire de façon concluante pourquoi », déclare M. Brienen.
Plusieurs études ont déjà constaté que davantage d’arbres meurent dans les forêts, y compris en Amazonie. Ces résultats aident à expliquer pourquoi, bien que d’autres facteurs tels que des sécheresses plus intenses jouent probablement aussi un rôle, dit-il.
Si les niveaux et les températures de CO2 étaient stables, les forêts non perturbées seraient en équilibre, libérant autant de CO2 qu’elles en absorbent. Cependant, l’augmentation des niveaux de CO2 et des températures a jusqu’à présent stimulé la croissance globale, ce qui signifie que les forêts actuels absorbent plus de carbone. En fait, elles absorbent un tiers de tout le CO2 supplémentaire que nous rejetons dans l’atmosphère.

L’absorption du carbone diminuera

De nombreux modèles utilisés pour les prévisions relatives au CO2 partent du principe que cette croissance va se poursuivre. Mais de simples simulations effectuées par l’équipe de Brienen suggèrent que l’absorption du carbone diminuera à mesure que de plus en plus d’arbres meurent et libèrent du carbone.
Cela ne s’applique qu’aux forêts actuels et non perturbés. La plantation de nouvelles forêts contribuera encore à capturer beaucoup de carbone. Mais il est préférable de planter un mélange d’espèces à croissance rapide et lente pour s’assurer que le CO2 reste enfermé, explique M. Brienen.
Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay