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Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’université de Berkeley a révélé une association entre un mauvais sommeil et une plus grande accumulation de protéines toxiques que l’on pense être la cause pathologique de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs suggèrent que le sommeil fragmenté pourrait être un moyen efficace de prédire les personnes les plus à risque de développer cette maladie neurodégénérative.

La qualité du sommeil et l’Alzheimer

« Nous savons qu’il existe un lien entre la qualité du sommeil des personnes et ce qui se passe dans le cerveau, en matière de maladie d’Alzheimer », déclare l’auteur principal de cette nouvelle étude, Joseph Winer. « Mais ce qui n’a pas encore été testé, c’est de savoir si votre sommeil actuel prédit ce qui vous arrivera des années plus tard. Et c’est la question que nous nous sommes posée ».
les chercheurs ont recruté 32 adultes en bonne santé cognitive, âgés d’environ 70 ans, qui ont tous participé à un séjour de nuit en laboratoire de sommeil, ce qui leur a permis d’enregistrer les comportements de base en matière de sommeil. Au cours des années suivantes, les sujets ont passé périodiquement des examens TEP pour suivre la croissance des plaques de bêta-amyloïdes dans leur cerveau.
Une corrélation claire a été établie entre la qualité du sommeil de base des sujets et l’accumulation de plaques de bêta-amyloïdes au cours des années suivantes. En particulier, ces résultats suggèrent que le sommeil fragmenté et la quantité plus faibles de sommeil à ondes lentes non-REM ont signalé les plus grandes augmentations de l’accumulation de plaques bêta-amyloïdes.

Le sommeil nous aide à voyager dans le futur

« Nous avons découvert que le sommeil que vous avez en ce moment est presque comme une boule de cristal qui vous dit quand et à quelle vitesse la pathologie d’Alzheimer va se développer dans votre cerveau », déclare Matthew Walker, auteur principal de cette nouvelle étude. « Mesurer efficacement le sommeil nous aide à voyager dans le futur et à estimer où se situera votre accumulation de plaques ».
Il est important de noter que cette nouvelle étude n’a examiné que les personnes âgées en bonne santé cognitives. Ainsi, bien que cette recherche offre des preuves que le sommeil perturbé peut prédire les accumulations de plaques dans le futur, elle ne fournit pas de preuves que ces agrégations conduisent directement au développement de la maladie d’Alzheimer, ou même d’une démence légère.
Les prochaines étapes de cette recherche consisteront à déterminer si les interventions visant à améliorer la qualité du sommeil peuvent influencer directement le taux d’accumulation de plaque de bêta-amyloïde. Des études à plus long terme seront également nécessaires pour comprendre si le risque d’avoir l’Alzheimer peut être réduit en améliorant la qualité du sommeil des sujets d’âge moyen.

Un sommeil réparateur pourrait ralentir cette maladie

« Notre espoir est que si nous intervenons, alors dans trois ou quatre ans, cette accumulation n’est plus là parce que nous avons amélioré leur sommeil », déclare M. Winer. « Si un sommeil profond et réparateur peut ralentir cette maladie, nous devrions en faire une priorité majeure. Et si les médecins connaissent ce lien, ils peuvent interroger leurs patients âgés sur la qualité de leur sommeil et leur suggérer le sommeil comme stratégie de prévention ».
Cette recherche a été publiée dans Current Biology.
Source : UC Berkeley
Crédit photo sur Unsplash : Alexandra Gorn