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Les hommes et les femmes partagent la grande majorité de leurs génomes. Seul un petit nombre de gènes, situés sur les chromosomes X et Y, diffèrent entre les sexes. Néanmoins, les activités de nos gènes – leur expression dans les cellules et les tissus – génèrent de profondes distinctions entre les hommes et les femmes.

Les différences des gènes entre les sexes

Non seulement les sexes diffèrent par leur apparence extérieure, mais leurs gènes exprimés différemment, influent fortement sur le risque, l’incidence, la prévalence, la gravité et l’âge de l’apparition de nombreuses maladies, notamment le cancer, les maladies auto-immunes, les maladies cardiovasculaires et les affections neurologiques.
Les chercheurs ont observé des différences d’expression génétique liées au sexe dans toute une série de tissus, notamment le foie, le cœur et le cerveau. Néanmoins, ces différences entre les sexes spécifiques aux tissus restent mal comprises. La plupart des traits qui présentent une variance entre les hommes et les femmes semblent résulter de différences dans l’expression de gènes autosomiques communs aux deux sexes, plutôt que de l’expression de gènes de chromosomes sexuels ou d’hormones sexuelles.
Une meilleure compréhension de ces disparités liées au sexe, dans le comportement de nos gènes pourrait permettre d’améliorer les diagnostics et les traitements de toute une série de maladies humaines. Dans un nouvel article, Melissa Wilson passe en revue les recherches actuelles sur les modèles de différences entre les sexes dans l’expression des gènes à travers le génome, et met en évidence les biais d’échantillonnage dans les populations humaines incluses dans ces études.
« L’un des aspects les plus frappants de cette étude sur les différences entre les sexes », a déclaré Mme Wilson, « est que si les différences globales couvrent le génome et contribuent aux biais dans la santé humaine, chaque gène individuel varie énormément d’une personne à l’autre ».

Des différences de régulation des gènes

Il y a dix ans, une entreprise ambitieuse, connue sous le nom de consortium GTEx (Genotype-Tissue Expression), a commencé à étudier les effets de la variation de l’ADN sur l’expression des gènes dans l’ensemble des tissus humains. Des résultats récents, indiquent que les disparités liées au sexe dans l’expression des gènes sont bien plus répandues qu’on ne le pensait; plus d’un tiers de tous les gènes présentant une expression sexuée dans au moins un tissu. Cette nouvelle recherche mise en évidence les différences de régulation des gènes entre les sexes dans chaque tissu étudié.
Les différences d’expression génétique liées au sexe sont communes à tous les mammifères, bien que leur rôle relatif dans la susceptibilité aux maladies reste spéculatif. La sélection naturelle a probablement guidé le développement d’un grand nombre de ces attributs. Par exemple, l’apparition des mammifères placentaires il y a environ 90 millions d’années pourrait avoir entraîné des différences dans la fonction immunitaire entre les mâles et les femelles.
Ces distinctions fondées sur le sexe, apparues dans un passé lointain, ont laissé leur empreinte sur les mammifères actuels, y compris les humains, qui s’exprime par des taux plus élevés de maladies auto-immunes chez les femelles et des taux de cancer accrus chez les mâles.
Malgré leur importance cruciale pour la compréhension de la prévalence et de la gravité des maladies, ces différences entre les sexes dans l’expression des gènes n’ont que récemment fait l’objet d’une attention sérieuse dans la communauté des chercheurs. Wilson et d’autres suggèrent que de nombreuses recherches génétiques historiques, utilisant principalement des sujets masculins blancs en milieu de vie, ont donné une image incomplète.

Des études qui donnent une image déformée de la réalité

Ces études ne tiennent souvent pas compte des différences entre les sexes, dans la conception et l’analyse des expériences, ce qui donne une vision déformée de la variance des maladies fondées sur le sexe, et mène souvent à des approches de diagnostic et de traitement uniformes, pour tous. Les auteurs conseillent donc aux chercheurs d’être plus attentifs, aux généralisations basées sur des données qui existent d’informations génétiques, y compris GTEx.
Une approche plus holistique est en train d’émerger, car les chercheurs étudient toute la panoplie des effets liés à l’expression des gènes masculins et féminins sur un plus large éventail de variations humaines.
Cette recherche a été publiée dans Science.
Source : Arizona State University
Crédit photo : Pixabay