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Vos poumons et vos voies respiratoires doivent être extensibles, un peu comme des ballons. Prenez une grande respiration, et ils s’ouvriront en un instant. Toutefois, les poumons endommagés ne peuvent pas s’ouvrir correctement.

Une protéine responsable des maladies respiratoires

Les patients atteints d’asthme, de fibrose pulmonaire idiopathique et de sclérose systémique souffrent de fibrose et de remodelage des tissus, où une accumulation de tissus et de cellules immunitaires, ainsi que de protéines qui forment une substance collante, empêche les voies respiratoires de se dilater. Lorsque la fibrose s’aggrave, respirer ressemble à un ballon rempli de béton.
Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Institut d’immunologie La Jolla (LJI) rapportent qu’une protéine appelée TL1A est à l’origine de la fibrose chez plusieurs modèles de souris, déclenchant un remodelage des tissus et empêchant les poumons et les voies respiratoires de fonctionner normalement.
« Notre nouvelle étude suggère que la TL1A et son récepteur sur les cellules pourraient être des cibles pour des thérapies visant à réduire la fibrose et le remodelage des tissus chez les patients atteints de maladies pulmonaires graves », déclare le professeur Michael Croft, auteur principal de cette nouvelle étude.
Le laboratoire de M. Croft vise à comprendre l’importance d’une famille de protéines, appelées facteurs de nécrose tumorale (TNF) et des récepteurs de facteurs de nécrose tumorale (TNFR), dans les maladies inflammatoires et auto-immunes. En étudiant ces molécules, les chercheurs espèrent trouver les causes profondes de l’inflammation et arrêter les dommages tissulaires avant qu’il ne soit trop tard.

La TL1A pourrait contribuer à la fibrose pulmonaire 

Des recherches antérieures avaient montré qu’une protéine du TNF appelée TL1A peut agir sur les cellules immunitaires impliquées dans les réactions allergiques, et obliger ces cellules immunitaires à fabriquer des molécules inflammatoires. Le laboratoire Croft se demandait : si la TL1A entraîne une inflammation, pourrait-elle contribuer à la fibrose pulmonaire ?
Pour cette nouvelle étude, Croft et ses collègues ont utilisé des interventions génétiques et thérapeutiques, des colorations tissulaires et des techniques d’imagerie par fluorescence, pour étudier les interactions protéiques dans des modèles murins d’asthme sévère, de fibrose pulmonaire idiopathique et de sclérose systémique. Ils ont d’abord découvert que la TL1A agit directement sur un récepteur des cellules dans les poumons et les bronches, ce qui entraîne une fibrose et un remodelage des tissus.
Comme le décrit Croft, le remodelage des tissus est comme la cicatrisation d’une blessure, « mais une cicatrisation qui tourne mal et devient si exagérée qu’elle empêche les tissus de se comporter normalement ». Grâce à cette nouvelle étude, les scientifiques savent maintenant que la TL1A est à l’origine de ce remodelage nocif dans les poumons.
Les scientifiques ont ensuite étudié ce remodelage des tissus pulmonaires chez des souris dépourvues du récepteur de TL1A, appelé DR3, ou auxquelles on a administré un réactif qui bloquait l’activité de TL1A. Ces souris ont montré moins de remodelage pulmonaire, moins de dépôt de collagène et une réduction de la masse musculaire lisse dans les poumons.

Une production excessive de TL1A

Ces données des modèles animaux peuvent appuyer les récentes recherches chez l’homme. Les chercheurs ont découvert que les patients souffrant d’asthme sévère ont une production excessive de TL1A. Cela pourrait expliquer pourquoi ces patients sont plus vulnérables à la fibrose et au remodelage pulmonaire.
« Ce type de recherche doit être élargi pour vraiment comprendre s’il existe des sous-ensembles de patients atteints d’asthme ou d’autres maladies pulmonaires inflammatoires qui pourraient exprimer la TL1A à des niveaux plus élevés que les autres patients, ce qui pourrait éventuellement orienter les futures thérapies ciblant la TL1A pour réduire le remodelage et la fibrose », explique M. Croft.
À l’avenir, M. Croft et son équipe prévoient d’étudier comment le récepteur DR3 est exprimé sur les cellules tissulaires, et s’il est affecté par d’autres facteurs inflammatoires. Ils veulent également savoir dans quelle mesure la TL1A est active chez les patients humains et combien d’activités inflammatoires cette protéine pourrait être responsable.
Cette recherche a été publiée dans The Journal of Immunology.
Source : La Jolla Institute for Immunology
Crédit photo : StockPhotoSecrets