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L’apnée obstructive du sommeil (AOS) est une maladie chronique du sommeil qui touche plus d’un milliard de personnes dans le monde. Des preuves suggèrent que l’AOS peut altérer le microbiome intestinal (MI) et peut favoriser les comorbidités associées à l’AOS, notamment le diabète, l’hypertension et les problèmes cognitifs.

L’AOS et le microbiome intestinal

Des chercheurs de l’École de médecine de l’université du Missouri et de MU Health Care, ont découvert comment les troubles du sommeil liés à l’AOS, affectent le microbiome intestinal chez les souris, et comment la transplantation de bactéries intestinales dans d’autres souris, peut entraîner des modifications des habitudes de sommeil chez les souris receveuses. David Gozal, docteur en médecine, et Harry L. Smith, ont déclaré que cette étude, montre que le microbiome intestinal joue un rôle majeur dans la régulation du sommeil. Cela pourrait se traduire par des traitements, qui cibleraient le microbiome intestinal chez les humains atteints d’AOS.
« En manipulant le microbiome intestinal, ou les sous-produits du microbiote intestinal, nous serions en mesure de prévenir, ou au moins de pallier certaines des conséquences de l’apnée du sommeil », a déclaré M. Gozal, l’auteur principal de cette étude. « Par exemple, si nous combinons la pression positive continue des voies aériennes, avec des probiotiques personnalisés qui modifient le microbiome intestinal du patient, nous pourrions éliminer une partie de la lassitude et de la fatigue, et réduire la probabilité des comorbidités associées au AOS. Si nous pouvons faire l’une de ces choses, alors cela serait un grand pas en avant dans la façon dont nous traitons l’AOS ».

Tester cette idée

Pour tester cette idée, les chercheurs ont exposé des souris mâles à l’air ambiant ou à une hypoxie intermittente – une condition dans laquelle le corps ne reçoit pas assez d’oxygène. Après six semaines, ils ont recueilli des matières fécales de tous ces rongeurs. Un troisième groupe de souris a été divisé et a reçu soit une transplantation de matières fécales provenant des souris respirant l’air ambiant, soit de celles exposées à une hypoxie intermittente.
Les chercheurs ont constaté que les souris ayant reçu des transplantations du groupe d’hypoxie intermittente, dormaient plus longtemps et plus souvent pendant leur période d’éveil normale, ce qui suggère une plus grande somnolence.
« C’est la première étude qui a évalué le sommeil chez des souris soumises à une transplantation de microbiome fécal, provenant de souris exposées à l’hypoxie intermittente », a déclaré M. Gozal. « L’analyse du microbiome fécal a montré des différences de profil, entre les souris transplantées à partir de souris donneuses d’hypoxie intermittente et celles exposées à l’air ambiant, ce qui indique que la transplantation a modifié le MI des souris receveuses ».

Les bactéries intestinales peuvent influencer la santé

Des preuves émergentes suggèrent que les bactéries intestinales, peuvent influencer la santé et la qualité du sommeil par l’intermédiaire de l’axe du microbiome cerveau-intestin. L’étape suivante pour les chercheurs, consiste à étudier le mécanisme impliqué dans la relation entre le cerveau et l’intestin, afin de déterminer comment ces modifications du microbiome intestinal, peuvent affecter la structure du sommeil et, par conséquent, comment l’AOS peut contribuer aux comorbidités.
Cette recherche a été publiée dans Experimental Neurology.
Source : University of Missouri-Columbia
Crédit photo : StockPhotoSecrets