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Au cours de la dernière décennie, les scientifiques ont identifié des centaines de variantes génétiques, qui augmentent le risque de développer l’obésité. Mais il reste beaucoup de travail à faire pour comprendre comment ces variantes se traduisent par cette condition.

Tout se passerait dans le cerveau

Maintenant, les scientifiques de l’université de Copenhague ont identifié des populations de cellules dans le corps qui jouent un rôle dans le développement de cette maladie – et elles se trouvent toutes dans le cerveau.
« Nos résultats apportent la preuve que des processus biologiques extérieurs aux organes traditionnels étudiés, dans le cadre de la recherche sur l’obésité, tels que les cellules adipeuses, jouent un rôle clé dans l’obésité humaine », déclare le professeur associé Tune H Pers.
« Nous avons identifié des types de cellules dans le cerveau qui régulent la mémoire, le comportement et le traitement des informations sensorielles qui sont impliquées dans le développement de l’obésité. Une étude plus approfondie de ces zones du cerveau pourrait nous dire pourquoi certains d’entre nous sont plus susceptibles de développer cette maladie que d’autres ».

Plusieurs cellules cérébrales contribuent à l’obésité

Cette découverte a été faite en développant des outils de calcul qui combinent deux ensembles de données différents. Le premier ensemble est constitué par les données d’une étude d’association pangénomique, portant sur environ 450 000 personnes. Ces données comparent la santé et les attributs physiques d’une personne, tels que son poids, à son génome. Cela révèle que les personnes souffrant d’obésité, sont beaucoup plus susceptibles d’avoir une série de variantes génétiques en commun.
Le second ensemble est constitué de données de séquençage d’ARN unicellulaire, de plus de 700 types différents de populations de cellules de souris. Ces différentes cellules expriment différentes parties du génome, de sorte que cet ensemble de données contient l’empreinte génétique de chaque population cellulaire.
L’équipe a intégré ces deux ensembles de données, et a découvert que les variantes génétiques, qui sont fortement associées à l’obésité, sont proches des gènes exprimés par 26 populations cellulaires, agissant comme différents types de neurones.

L’obésité n’est pas un manque de volonté

Nous savons déjà que le cerveau joue un rôle important dans l’obésité, en régulant la façon dont le corps maintient ses besoins énergétiques. Il le fait en traitant les signaux provenant de l’intérieur du corps, concernant les réserves d’énergie et l’apport alimentaire, ainsi que les signaux externes tels que la vue et l’odorat des aliments.
Ces nouvelles découvertes suggèrent que le risque d’être obèse, d’une personne est déterminé par ces populations de cellules qui traitent les stimuli sensoriels et les actions directes liées à l’alimentation et au comportement. Ils ont également identifié des types de cellules cérébrales spécifiques, qui soutiennent un rôle d’apprentissage et de mémoire dans l’obésité.
« Notre démarche, qui vise à comprendre pourquoi certains d’entre nous développent une obésité, ne fait que commencer. Nos découvertes renforcent les preuves de plus en plus nombreuses, que l’obésité est bien plus complexe qu’on ne le pensait, et qu’elle ne peut être réduite à une simple question de manque de volonté », note Pers.
Cette recherche a été publiée dans eLife.
Source : University of Copenhagen
Crédit photo : StockPhotoSecrets