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Un type de cellules T antibactériennes, appelées cellules MAIT, sont fortement activées chez les personnes souffrant du COVID-19 modérée à sévère, selon une étude réalisée par des chercheurs du Karolinska Institutet en Suède. Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension de la manière dont notre système immunitaire réagit contre l’infection par le COVID-19.

Les cellules MAIT sont fortement activées

« Pour trouver des traitements potentiels contre le COVID-19, il est important de comprendre en détail comment notre système immunitaire réagit et, dans certains cas, contribue peut-être à aggraver cette maladie », déclare Johan Sandberg, professeur au département de médecine et auteur correspondant de cette étude.
Les cellules T sont un type de globules blancs spécialisés dans la reconnaissance des cellules infectées, et constituent une partie essentielle du système immunitaire. Environ 1 à 5 % des lymphocytes T présents dans le sang des personnes en bonne santé, sont constitués de cellules dites MAIT (mucose-associated invariant T cells), qui sont principalement importantes pour contrôler les bactéries, mais qui peuvent également être recrutées par le système immunitaire pour combattre certaines infections virales.
Dans cette étude, les chercheurs ont voulu savoir quel rôle les cellules MAIT jouent dans la pathogenèse de la maladie par le COVID-19. Ils ont examiné la présence et le caractère des cellules MAIT dans les échantillons de sang de 24 patients admis à l’hôpital universitaire de Karolinska, atteints d’un COVID-19 modérée à grave, et les ont comparées aux échantillons de sang de 14 témoins sains, et de 45 personnes qui s’étaient rétablies de cette maladie. Quatre de ces patients sont décédés à l’hôpital.
Ces résultats montrent que le nombre de cellules MAIT dans le sang diminue fortement chez les patients atteints du COVID-19 modérée ou sévère, et que les cellules restantes en circulation sont fortement activées, ce qui suggère qu’elles sont engagées dans la réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2. Ce schéma de réduction du nombre et d’activation dans le sang, est plus fort pour les cellules MAIT que pour les autres cellules T. Les chercheurs ont également noté que les cellules MAIT pro-inflammatoires s’accumulaient dans les voies respiratoires des patients, atteints du COVID-19 dans une plus grande mesure que chez les personnes en bonne santé.

Ils se retrouvent dans les voies aériennes

« Prises ensemble, ces analyses indiquent que le nombre réduit de cellules MAIT, dans le sang des patients atteints du COVID-19 est au moins partiellement dû à une accumulation accrue dans les voies aériennes », explique Johan Sandberg.
Chez les patients convalescents, le nombre de cellules MAIT dans le sang s’est au moins partiellement rétabli, dans les semaines qui ont suivi cette maladie, ce qui peut être important pour gérer les infections bactériennes, chez les personnes qui ont eu le COVID-19, selon les chercheurs. Chez les patients décédés, les chercheurs ont noté que les cellules MAIT avaient tendance à être extrêmement activées, avec une expression plus faible du récepteur CXCR3 que chez ceux qui ont survécu.

L’activité des cellules MAIT devient excessive

« Ces résultats montrent que les cellules MAIT sont fortement engagées dans la réponse immunologique contre le COVID-19 », déclare Johan Sandberg. « Une interprétation probable est que les caractéristiques des cellules MAIT font qu’elles sont engagées très tôt, à la fois dans la réponse immunitaire systémique et dans la réponse immunitaire locale, dans les voies aériennes où elles sont recrutées dans le sang par des signaux inflammatoires. Là, elles sont susceptibles de contribuer à la réponse immunitaire rapide et innée contre ce virus. Chez certaines personnes atteintes du COVID-19, l’activation des cellules MAIT devient excessive et cela est en corrélation avec une maladie grave ».
Cette recherche a été publiée dans Science Immunology.
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Crédit photo : Rawpixel