la-molécule-UM171-a-sauvé-une-autre-vie
En première mondiale, un jeune homme souffrant d’une grave anémie aplasique qui ne pouvait être soignée par les traitements habituels. a reçu une transfusion de sang vitale, grâce à la molécule UM171 fabriquée au Canada.

La molécule UM171

L’intervention a été réalisée par une équipe médicale de l’Institut d’hémato-oncologie et de thérapie cellulaire (iHOTC) de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie, tous deux affiliés à l’Université de Montréal. L’histoire du cas de ce jeune homme, y compris la transfusion qui lui a sauvé la vie, met en évidence les propriétés uniques et révolutionnaires de la molécule UM171.
Une maladie auto-immune, l’anémie aplastique détruit les cellules souches de la moelle osseuse et entraîne l’arrêt de la production de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes. Pour l’allogreffe (greffe entre individus) de cette maladie, les cellules souches du donneur doivent être aussi compatibles que possible, avec celles du receveur afin d’éviter le risque de complications immunologiques.

Pas d’option pour le donneur

Si aucun donneur familial compatible ou non apparenté ne peut être trouvé, les cellules souches provenant d’un donneur familial semi-identique, également appelé donneur haplo-identique, peuvent être considérées, sous certaines conditions, comme une source alternative de cellules. Toutefois, un membre de la famille doit être en bonne santé et disponible pour une telle procédure ; ce jeune homme dans ce cas n’a pas eu cette possibilité.
La transplantation de sang du cordon, moins exigeante en matière de compatibilité, est une bonne option pour de nombreux patients, nécessitant une greffe de cellules souches. D’autre part, le sang du cordon ne contient généralement pas assez de cellules souches, pour un patient adulte pesant plus de 70 kg ; il produit une augmentation lente des globules blancs avec un risque accru d’infections souvent mortelles.
En outre, le taux de rejet du greffon – la destruction des cellules du cordon infusées par le système immunitaire du receveur – est très élevé chez les patients atteints d’anémie aplastique sévère, qui ont reçu de multiples transfusions sanguines.
« C’est après avoir épuisé toutes nos options de traitement que l’UM171, qui avait déjà fait ses preuves dans un essai clinique chez des patients atteints de cancer du sang, est entrée en jeu », a déclaré le professeur de médecine de l’UdeM Jean Roy, hématologue et chercheur clinicien.

Multiplié par 35

« En plus d’augmenter en moyenne de 35 fois le nombre de cellules souches, dans une unité de sang de cordon ombilical, il réduit considérablement le risque d’une complication immunologique, qui est fréquente à long terme, et nécessitant des années d’utilisation de médicaments immunosuppresseurs toxiques ».
Le succès des chercheurs confirme l’excellente performance de l’UM171, qui a déjà été démontrée dans deux autres études, menées par les équipes de recherche de l’iHOTC avec des résultats très encourageants. Une troisième étude est actuellement en cours.
« L’histoire de ce jeune homme et les autres études menées avec l’UM171, montrent clairement comment une recherche clinique innovante, mise en place par des chercheurs locaux, peut créer une culture d’excellence et améliorer les soins pour sauver plus de vies », a déclaré le directeur de l’IHOTC, Denis Claude Roy.
Cette recherche a été publiée dans European Journal of Haematology.
Source : University of Montreal
Crédit photo : StockPhotoSecrets