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Lorsqu’une opération est pratiquée sur des nourrissons in utero, il n’est pas rare qu’ils naissent sans aucune cicatrice. Cela est dû à une qualité spéciale de leur peau qui, selon les scientifiques, pourrait être reproduite chez les adultes, ce qui pourrait permettre de traiter les plaies sans cicatrice.

Réactiver la protéine Lef1 

Dirigée par le professeur Ryan Driskell, une équipe de l’université de l’État de Washington a utilisé une technique connue sous le nom de séquençage de l’ARN d’une seule cellule, pour comparer les gènes et les cellules de la peau en développement des nourrissons et des adultes. Ils ont découvert que dans la peau en développement, une protéine appelée Lef1 jouait un rôle dans l’activation des fibroblastes papillaires – qui sont les cellules du derme papillaire, qui est décrit comme « une couche de peau juste sous la surface, qui donne à la peau sa tension et son aspect jeune ».
Chez les nourrissons, cette disposition permet de contrôler la formation des follicules pileux (entre autres), car la peau est encore en formation. Mais une fois que la peau est complètement formée, le corps « éteint » la plupart du temps la protéine Lef1. C’est pourquoi, lorsque les adultes ont des cicatrices, il n’y a pas de follicules pileux dans le tissu cicatriciel.
Cela dit, dans des cellules de peau spécialisées de souris de laboratoire adultes, l’équipe de Driskell a pu essentiellement réactiver la protéine Lef1 dormante. En conséquence, ces animaux présentaient beaucoup moins de cicatrices de blessures, au point que leur peau qui avait repoussé, contenait des follicules pileux qui pouvaient donner la chair de poule.

Ce type de régénération est possible

Bien qu’il reste encore du travail à faire avant que ces résultats puissent être appliqués au traitement des blessures humaines, les recherches sont toujours intéressantes. « Nous avons pu utiliser la capacité innée de la peau jeune et néonatale à se régénérer, et transférer cette capacité à la peau âgée », explique M. Driskell. « Nous avons montré en principe que ce type de régénération est possible ».
Cette recherche a été publiée dans eLife.
Source : Washington State University
Crédit photo : StockPhotoSecrets