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En examinant les recherches préexistantes sur d’autres affections, des chercheurs de l’université de Cincinnati ont trouvé un traitement potentiel, qui pourrait être appliqué au COVID-19. Les résultats de cette recherche, ont établi qu’un lipide présent dans le corps humain, pourrait être utilisé pour prévenir ou traiter les infections par le SARS-CoV-2, le virus qui cause le COVID-19.

La sphingosine contre le COVID-19

Ce lipide appelé la sphingosine, est un élément naturel prélevé dans le corps, et est important dans le métabolisme des lipides de toutes les cellules, et la défense immunitaire locale des cellules épithéliales, un type de cellule qui tapisse les surfaces du corps, y compris la peau, les vaisseaux sanguins, les voies urinaires et les organes. Elles servent de barrière entre l’intérieur et l’extérieur du corps et le protègent des virus.
« Nous avons cherché à savoir si un lipide spécifique est capable d’interférer avec la liaison du SARS-CoV-2 aux cellules épithéliales humaines », explique l’auteur correspondant Erich Gulbins, MD, professeur invité au département de chirurgie de l’Université de Californie.
« Des études antérieures ont montré que la sphingosine prévient et élimine les infections bactériennes des voies respiratoires, mais on ignore si elle peut être utilisée pour prévenir les infections virales. Le coronavirus doit se lier à des molécules spécifiques, à la surface des cellules humaines, comme condition préalable pour les infecter », explique M. Gulbins.
« C’est semblable au principe de la clé et de la serrure d’une porte : pour ouvrir la porte, vous devez insérer la clé dans la serrure. Nous montrons que le lipide sphingosine se lie dans la « serrure » cellulaire, le récepteur ACE2, pour le SARS-CoV-2 et empêche ainsi la liaison du virus et l’infection des cellules humaines ».
Les chercheurs de cette étude ont analysé l’utilisation de ce lipide dans la régulation de l’infection, dans des cellules humaines cultivées auxquelles on a ajouté des particules de SARS-CoV-2.

La sphingosine prévient l’infection cellulaire

« Nous avons montré que la sphingosine prévenait l’infection cellulaire dans ces cultures, et le prétraitement des cellules cultivées ou des cellules épithéliales nasales humaines fraîchement obtenues, avec de faibles concentrations de sphingosine empêchait l’adhésion du virus et l’infection par celui-ci », explique M. Gulbins.
« Ces résultats indiquent que la sphingosine prévient, au moins une partie, de l’infection virale en interférant avec l’interaction du virus avec son récepteur ; elle pourrait être utilisée comme spray nasal pour prévenir ou traiter les infections par le SARS-CoV-2 », ajoute-t-il. « Ce spray nasal doit être développé, mais la sphingosine est un produit naturel. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour voir si cela pourrait être un traitement pour le COVID-19 ».
Le coauteur Syed Ahmad, déclare que cette collaboration est particulièrement fascinante, car elle prend la recherche médicale d’autres domaines d’étude, et l’applique à une question de santé publique d’actualité.
« Le récepteur ACE2 a été étudié et identifié comme une cible de traitement dans le cancer du pancréas », déclare Ahmad, titulaire de la chaire de recherche sur le cancer de la famille Hayden. « C’est un exemple de prise en compte des recherches existantes, et de leur application à la science pour le COVID-19, afin de faire des progrès dans ce domaine. C’est ainsi que fonctionne la science translationnelle ».
Cette recherche a été publiée dans Journal of Biological Chemistry.
Source : University of Cincinnati
Crédit photo : PXhere