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Les personnes qui sont agacées par le bruit de la mastication, sont moins susceptibles d’être vexées si elles pensent qu’elle est faite par un animal ou une autre source non humaine, plutôt que par une personne.

La misophonie

« Je pense que la plupart des gens peuvent comprendre qu’ils y aient une certaine aversion pour certains sons », déclare Miren Edelstein, de l’université de Californie, mais on dit que les personnes atteintes de cas graves souffrent d’une maladie appelée misophonie. « Les personnes atteintes de misophonie éprouvent une aversion si grave et si débilitante, qu’elle a un impact majeur sur leur bien-être et leur qualité de vie ».
Edelstein et ses collègues voulaient savoir si ce sont les bruits eux-mêmes qui rendent les gens angoissés, ou si le contexte d’un bruit, peut influencer la façon dont il est perçu. L’équipe a examiné 20 misophones identifiés et un groupe de contrôle composé du même nombre de personnes, tous deux âgés en moyenne de 30 ans.
L’équipe a d’abord présenté à tous ces participants des clips audio produits par la mastication humaine et des clips dont le son était similaire, comme un animal qui mastique ou une personne qui marche sur du gravier.
Ils ont ensuite répété ces sons, mais cette fois-ci, ils ont expliqué ce que les participants entendaient – bien qu’ils aient parfois menti. Lors de ce deuxième tour, les participants ont été invités à dire ce qui, selon eux, produisait ce son.
Enfin, l’équipe a montré aux participants la vidéo qui accompagnait chaque clip audio, révélant ainsi le contexte. À chaque tour, les participants ont été invités à évaluer sur une échelle de 1 à 10 le degré d’inconfort que leur procurait chaque son.

Les sons humains étaient trois fois plus aversifs

Les personnes atteintes de misophonie ont trouvé les sons de mastication humaine, trois fois plus aversifs en moyenne que les personnes non atteintes. Les misophonistes ont également trouvé les sons de mastication humaine 36 % moins gênants, s’ils croyaient à tort que ces bruits provenaient de sources non humaines, par opposition à ceux qu’ils identifiaient correctement.
Nos attentes en matière de normes sociales sont peut-être à l’origine de cette situation, explique M. Edelstein. « Il semble que cela puisse être le résultat d’une certaine attente d’un comportement socialement, acceptable et d’une violation de cette étiquette », dit-elle.
« La façon dont nous réagissons à la plupart des sons est apprise plutôt qu’innée, il est donc logique que le contexte joue un rôle », déclare Trevor Cox, de l’université de Salford, au Royaume-Uni. Il spécule que nous pourrions trouver les sons de mastication humains plus aversifs que les sons de mastication des animaux, si la misophonie est liée à la réaction de dégoût, et donc à l’évitement de la maladie. « Les risques d’attraper quelque chose sont généralement plus élevés chez les humains que chez de nombreux animaux », dit-il.
Cette recherche a été pré-publiée dans bioRxiv.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels

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