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Un dispositif capable d’extraire l’eau de l’air presque sec, en utilisant la chaleur du Soleil, pourrait contribuer à fournir une source d’eau durable dans les régions éloignées ayant un accès limité à l’électricité.

Un dispositif peut fournir de l’eau

« Dans les régions où la pénurie d’eau est un problème, il est important d’envisager différentes technologies qui fournissent de l’eau, d’autant plus que le changement climatique va exacerber de nombreux problèmes de pénurie d’eau », explique Alina LaPotin du Massachusetts Institute of Technology.
L’appareil, développé par LaPotin et ses collègues, contient un matériau adsorbant appelé zéolite, qui recueille la vapeur d’eau de l’air la nuit. Pendant la journée, la chaleur du Soleil recueillie par un panneau « absorbeur solaire » entraîne la libération de l’eau du matériau, ce qui permet de l’utiliser.
Comme la zéolite est très poreuse et possède une grande surface interne, elle peut adsorber les minuscules quantités d’eau contenues dans l’air presque sec, explique M. LaPotin. Lors de tests, cet appareil a pu produire de l’eau à partir de l’air avec une humidité relative de seulement 20 % – des niveaux observés dans les déserts. Les dispositifs existants de collecte de l’eau atmosphérique, tels que les systèmes de collecte de brouillard et de rosée, ne fonctionnent qu’à des niveaux d’humidité relative d’au moins 50 %.
La récolte du brouillard présente également l’inconvénient d’être géographiquement limitée, aux zones de brouillard, et les systèmes de rosée doivent consommer beaucoup d’énergie pour alimenter les systèmes de réfrigération, qui refroidissent l’air en dessous de son point de rosée, dit-elle.
« Contrairement aux technologies de dessalement, la collecte de l’eau atmosphérique est une bonne stratégie si l’on ne dispose pas d’eau liquide », explique Mme LaPotin. Elle convient également dans les régions qui ne disposent pas d’une infrastructure centralisée de production d’eau, ajoute-t-elle.

Rendre ce dispositif plus performant

« Nous sommes intéressés par le développement de systèmes compacts de collecte de l’eau atmosphérique, qui se concentrent davantage sur les contraintes de portabilité et de poids », déclare Mme LaPotin. Cet appareil en forme de boîte, est fabriqué en acrylique, en aluminium et en tôle de cuivre, et pèse actuellement environ 7 kilogrammes.
Lors des tests, il a pu produire 0,77 litre d’eau par jour pour chaque mètre carré d’absorbeur solaire. Mme LaPotin explique que son équipe étudie les moyens d’augmenter la quantité d’eau pouvant être adsorbée par ce matériau à l’intérieur de ce dispositif, afin d’accroître son efficacité.
« De nouveaux matériaux sont en cours de développement, qui ont une plus grande capacité d’absorption », dit-elle. « L’incorporation de ces matériaux dans notre dispositif serait encore plus performante. »
Cette recherche a été publiée dans Joule.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels