covid-19-une-nouvelle-stratégie-antivirale
Une équipe de recherche, dirigée par le professeur Hongzhe SUN, a découvert une nouvelle stratégie antivirale pour le traitement du COVID-19. Elle a découvert qu’une classe de métallo-médicaments actuellement utilisée dans le traitement d’autres maladies infectieuses, s’avère efficace pour supprimer puissamment la réplication du SARS-CoV-2 et soulager les symptômes associés à ce virus dans un modèle animal.

Le citrate de ranitidine bismuth

Ces découvertes constituent une nouvelle option thérapeutique facilement accessible, présentant un potentiel clinique élevé d’infection par le SARS-CoV-2. Un brevet a été déposé aux États-Unis.
En général, les composés métalliques, sont utilisés comme agents antimicrobiens; leurs activités antivirales ont rarement été explorées. Après avoir criblé une série de métallo-médicaments et de composés apparentés, l’équipe de recherche a identifié le citrate de ranitidine bismuth (RBC), un médicament anti-ulcère couramment utilisé qui contient le métal Bismuth pour le traitement des infections associées à Helicobacter pylori, comme un puissant agent anti-SAES-CoV-2, à la fois in vitro et in vivo.
Il a été démontré que le RBC réduit considérablement la charge virale de plus de 1 000 fois dans les cellules infectées par le SARS-CoV-2. En particulier, dans un modèle de hamster syrien doré, le RBC supprime les réplications du SARS-CoV-2 pour réduire la charge virale d’environ 100 fois dans les voies respiratoires supérieures et inférieures, et atténue la pneumonie associée à ce virus. Le RBC diminue remarquablement le niveau des marqueurs de pronostic et d’autres cytokines et chimiokines pro-inflammatoires dans les cas graves du COVID-19 chez les hamsters infectés, par rapport au groupe traité au Remdesivir et au groupe témoin.

Une faible cytotoxicité 

Le RBC présente une faible cytotoxicité avec un indice de sélectivité élevé à 975 (plus le nombre est élevé, plus le médicament est sûr), par rapport au Remdesivir qui a un faible indice de sélectivité à 129. Cette constatation indique une large fenêtre entre la cytotoxicité de ce médicament et l’activité antivirale, ce qui permet une grande flexibilité dans l’ajustement de ses dosages pour un traitement.
L’équipe a étudié les mécanismes de la RBC sur le SARS-CoV-2 et a révélé pour la première fois l’hélicase Nsp13 vitale comme cible médicamenteuse de la RBC. Elle expulse de manière irréversible les ions de zinc(II) essentiels dans le domaine de liaison du zinc pour le transformer en liaison avec le bismuth, par une voie de déplacement métallique distincte. Le RBC et ses composés Bi(III) ont dysfonctionnalisé l’hélicase Nsp13 et ont fortement inhibé les activités de l’ATPase (IC50=0,69 μM) et de l’ADN (IC50=0,70 μM) de cette enzyme.

D’autres métallo-médicaments pour le traitement du SARS-CoV-2

Ces résultats mettent en évidence les hélicases virales comme cible médicamenteuse, et le potentiel clinique élevé des médicaments à base de bismuth(III) et d’autres métallo-médicaments pour le traitement des infections par le SARS-CoV-2. Il est à espérer qu’à la suite de cette importante avancée, d’autres agents antiviraux issus de médicaments approuvés cliniquement et facilement disponibles pourront être identifiés pour le traitement potentiel des infections par le COVID-19. Ils peuvent se présenter sous la forme de combinaisons (cocktails) avec des médicaments qui présentent des activités anti-SARS-CoV-2, notamment le RBC, la dexaméthasone et l’interféron-β1b.
Cette recherche a été publiée dans Nature Microbiology.
Source : The University of Hong Kong
Crédit photo : PXhere