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Une étude menée au Canada, a montré que la fixation d’un prix minimum pour les boissons alcoolisées pourrait réduire considérablement les séjours à l’hôpital et les décès liés à l’alcool.

Un prix minimum pour les boissons

« Les gouvernements au Canada et ailleurs peuvent envisager de mettre en œuvre des stratégies [de prix unitaire minimum] pour améliorer la santé des buveurs, et réduire la charge de l’alcool sur les systèmes de santé », déclare Adam Sherk de l’Université de Victoria au Canada.

Sherk et ses collègues ont analysé les données officielles sur les décès et les hospitalisations, liés à l’alcool au Québec, au Canada, en 2014, ainsi que les informations sur les ventes et les prix de l’alcool dans cette province, qui n’a actuellement pas de politique de prix unitaire minimum. Ils ont ensuite utilisé une modélisation pour prédire les effets potentiels de deux scénarios de prix minimums.

Les chercheurs ont découvert qu’un prix unitaire minimum de 1,50 $CAN par boisson alcoolisée standard – définie au Canada comme une boisson contenant 13,5 grammes d’éthanol – entraînerait une réduction de 4,4 % de la consommation d’alcool, une baisse de 5,9 % des décès imputables à l’alcool, et une baisse de 8,4 % des séjours hospitaliers imputables à l’alcool au Québec.

Une réduction des décès

Dans un autre scénario, avec un prix unitaire minimum de 1,75 $CAN, Sherk et son équipe ont prédit que les décès attribuables à l’alcool dans cette province seraient réduits de 11,5 % et les séjours hospitaliers de 16,3 %.

Leurs conclusions sont conformes aux premières données de l’Écosse, qui a mis en place un prix unitaire minimum de 50 pence pour 8 grammes d’alcool en 2018. Ce changement a été lié à une réduction des achats hebdomadaires d’alcool en Écosse.

« Les politiques en matière d’alcool, telles que le prix unitaire minimum, revêtent une importance particulière pendant la pandémie du COVID-19, car des politiques plus strictes en matière d’alcool, peuvent contribuer à réduire la charge élevée qui pèse sur les systèmes de santé », explique M. Sherk.

Plus de 3 millions de personnes sont mortes dans le monde, suite à une consommation nocive d’alcool en 2016, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2018, qui estime que la consommation nocive d’alcool, est à l’origine de plus de 5 % de la charge de morbidité mondiale.

Une approche facile et efficace

« Ce modèle de projection indique qu’une augmentation négligeable du prix unitaire de l’alcool a le potentiel de réduire de manière significative, les blessures et les décès imputables à l’alcool au Québec », déclare Amie Hayley de l’Université de technologie de Swinburne à Melbourne, en Australie. Selon elle, cette approche pourrait facilement être adoptée dans les régions où les boissons alcoolisées sont déjà taxées, comme en Australie.

Cette recherche a été publiée dans Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels