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Un nombre croissant de recherches commence à suggérer, que l’apathie sévère des personnes âgées est un signe précoce de démence. Une nouvelle recherche de l’Université de Californie, San Francisco, avec le soutien du National Institute on Aging, propose maintenant l’une des premières études longitudinales à montrer que l’apathie pourrait être un symptôme précoce d’un déclin cognitif.

L’apathie et la démence

« L’apathie peut être très pénible pour les membres de la famille, lorsque les gens ne veulent plus se réunir avec leur famille ou leurs amis, ou ne semblent pas intéressés par ce qu’ils appréciaient auparavant », explique Meredith Bock, auteur correspondant de cette nouvelle étude. « D’autres recherches sont nécessaires, mais il est possible que ce soient là des signes que les personnes sont à risque pour la maladie d’Alzheimer, et qu’elles pourraient bénéficier d’interventions précoces et d’efforts pour réduire d’autres facteurs de risque ».
Cette recherche a suivi plus de 2 000 sujets, âgés de 70 ans, pendant une période pouvant aller jusqu’à neuf ans. Tous les sujets n’avaient pas de diagnostic clinique, de démence au début de cette étude, et après l’évaluation initiale, ils ont été classés en groupes d’apathie faible, modérée ou sévère. À la fin de la période de suivi de cette étude, les chercheurs ont constaté que les sujets du groupe d’apathie sévère avaient 80 % plus de chances de développer une démence que ceux du groupe d’apathie faible.
Dans cette étude, les chercheurs émettent l’hypothèse que l’apathie, est une indication distinctive des tout premiers stades de la neurodégénérescence. Des études de neuroimagerie sont citées, reliant plusieurs observations neurophysiologiques à des symptômes d’apathie, suggérant que l’apathie n’est pas simplement une caractéristique psychologique dans ce contexte, mais une condition réellement, causée par certains types de neurodégénérescence.
Des recherches récentes ont effectivement établi un lien entre la dépression et l’apparition de la démence, en constatant que la dépression est en fait un signe clinique précoce de déclin cognitif. Cependant, distinguer l’apathie de la dépression s’est avéré utile, pour trouver des moyens plus efficaces de détecter la neurodégénérescence à ses premiers stades.

L’apathie est également un bon prédicteur

« Alors que la dépression a été étudiée de manière plus approfondie en tant que prédicteur de la démence, notre étude s’ajoute aux recherches montrant que l’apathie mérite également l’attention en tant que prédicteur indépendant de cette maladie », déclare M. Bock. « En fait, nous pensons que l’apathie peut être un signe très précoce de la démence, et qu’elle peut être évaluée à l’aide d’un bref questionnaire ».
Cette nouvelle étude conclut en notant qu’il y a encore beaucoup à apprendre sur la neurobiologie de l’apathie, mais cette compréhension naissante du lien entre l’apathie et la démence, offre aux cliniciens de nouvelles façons d’identifier les patients à risque avant l’apparition des symptômes majeurs. L’apathie peut également être un facteur utile à prendre en compte, lors du recrutement de sujets pour des essais cliniques prospectifs sur la démence.
Cette recherche a été publiée dans Neurology.
Source : American Academy of Neurology
Crédit photo sur Unsplash : Feliphe Schiarolli