Alzheimer-un-vaccin-contre-la-bêta-amyloide-toxique
La capacité de notre système immunitaire, à mettre en place une défense bien régulée contre les substances étrangères, y compris les toxines, s’affaiblit avec l’âge et rend les vaccins moins efficaces chez les personnes de plus de 65 ans. En même temps, la recherche a montré que l’immunothérapie ciblant les formes neurotoxiques du peptide bêta-amyloïde, pourrait arrêter la progression de la maladie d’Alzheimer.

Un vaccin qui stimule le système immunitaire

Une équipe dirigée par Chuanhai Cao, docteur de l’université de la santé de Floride du Sud (USF Health), s’est concentrée à surmonter, chez les personnes dont l’immunité est affaiblie, l’excès d’inflammation et les autres complications qui entravent le développement d’un vaccin thérapeutique contre la maladie d’Alzheimer.
Maintenant, une étude préclinique menée par le Dr Cao et ses collègues, indique qu’un vaccin dendritique présentant un antigène avec une réponse spécifique aux anticorps de la bêta-amyloïde, pourrait être plus sûr et offrir un bénéfice clinique dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Ce vaccin, appelé E22W42 DC, utilise des cellules immunitaires connues sous le nom de cellules dendritiques (DC) chargées d’un peptide Aβ modifié comme antigène.
« Ce vaccin utilise les propres cellules immunitaires de l’organisme, pour cibler les molécules toxiques de bêta-amyloïdes, qui s’accumulent de manière nocive dans le cerveau », a déclaré le Dr Cao, chercheur principal. « Et, ce qui est important, il fournit de forts effets immunomodulateurs sans induire une réaction auto-immune indésirable, associée au vaccin, chez les souris vieillissantes ».

Un test pour vérifier son efficacité

Les chercheurs ont testé ce vaccin en utilisant des cellules dendritiques modifiées, sensibilisées aux bêta-amyloïdes, dérivées de la moelle osseuse de souris. Les cellules dendritiques interagissent avec d’autres cellules immunitaires (cellules T et cellules B) pour aider à réguler l’immunité, notamment en supprimant les réactions nocives contre les tissus sains.
L’étude comprenait trois groupes de souris transgéniques (APP/PS1) génétiquement modifiées pour développer des niveaux élevés de bêta-amyloïdes et des anomalies comportementales/cognitives qui imitent la maladie d’Alzheimer humaine. Un groupe a reçu ce vaccin expérimental, un autre a reçu un peptide de bêta-amyloïde endogène pour stimuler les cellules dendritiques (groupe du vaccin de type sauvage), et le troisième a été injecté avec des cellules dendritiques uniquement, ne contenant pas le peptide bêta-amyloïde (groupe témoin DC). Un quatrième groupe était composé de souris âgées, saines et non traitées (groupe de contrôle non transgénique).

Parmi les conclusions de cette étude

  • Le vaccin a ralenti les troubles de la mémoire chez les souris transgéniques de la maladie d’Alzheimer, les souris du groupe vacciné par le vaccin E22W42 DC présentant des performances de mémoire similaires à celles des souris non transgéniques et non traitées. Lors d’un test cognitif appelé « labyrinthe d’eau à bras radial », les souris vaccinées contre la maladie d’Alzheimer E22W42 ont également montré un nombre d’erreurs de mémoire de travail nettement inférieur à celui des souris auxquelles on a injecté uniquement des cellules dendritiques non sensibilisées (témoins DC).
  • Aucune différence significative n’a été constatée dans les quantités de cytokines inflammatoires mesurées dans le plasma des souris vaccinées, par rapport aux quantités mesurées dans les souris témoins. Les chercheurs ont conclu que le vaccin E22W42 DC a « peu de potentiel pour suractiver le système immunitaire ».
  • Les souris vaccinées avec le vaccin E22W42 DC ont montré des taux d’anticorps anti-bêta-amyloide plus élevés dans leur cerveau et dans leur sang que les souris témoins transgéniques auxquelles on a administré des cellules dendritiques ne contenant pas ce peptide modifié.
  • Seuls les peptides Aβ présentant des mutations introduites dans l’épitope des cellules T (la région distincte de la surface de l’antigène où les anticorps complémentaires se lient) peuvent sensibiliser les cellules dendritiques à cibler les formes toxiques de la bêta-amyloide, ont indiqué les chercheurs. Un avantage majeur du vaccin E22W42, est que l’antigène peut stimuler une réponse spécifique des cellules T qui active le système immunitaire et faire taire certains épitopes des cellules T associés à une réponse auto-immune.

« Bien que ce vaccin soit en cours de développement pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, il peut potentiellement aider à renforcer le système immunitaire des patients âgés (avec d’autres troubles liés à l’âge) », ont conclu les auteurs de cette étude.
Cette recherche a été publiée dans The Journal of Alzheimer’s Disease.
Source : University of South Florida
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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