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Alors que les chercheurs et les professionnels de la médecine travaillent à la mise au point de nouveaux traitements contre le cancer, ils sont confrontés à de nombreux défis.

Une nouvelle cible pour les cancers

L’un d’entre eux est l’hétérogénéité intratumorale, c’est-à-dire la présence de plusieurs types de cellules cancéreuses dans une même tumeur. Souvent, ces tumeurs « en mosaïque » comprennent des cellules, telles que les cellules cancéreuses géantes polyploïdales, qui ont évolué pour devenir agressives et résistantes à la chimiothérapie.
Dans le passé, ces cellules cancéreuses géantes polyploïdales (PGCC) ont été largement ignorées, parce que des études avaient montré qu’elles ne subissent pas de mitose, qui est le mécanisme généralement nécessaire à la division cellulaire. Cependant, des récentes études ont montré que les PGCC, subissent une division amitotique des cellules bourgeonnantes qui ne se produit pas par une mitose, et que leur structure cellulaire leur permet de se propager rapidement.
Une nouvelle étude, faite par une équipe de scientifiques de l’université Brown, apporte un éclairage supplémentaire et identifie une cible potentielle pour le traitement de ces cellules cancéreuses agressives.
Plus précisément, les PGCC s’appuient sur des filaments cellulaires appelés vimentine pour migrer. La vimentine est présente dans les cellules de tout le corps, mais on a constaté que les PGCC contiennent une plus grande quantité de vimentine que les cellules témoins non-PGCC, et que leur vimentine est répartie de manière beaucoup plus uniforme dans la cellule.
« Ces cellules semblent jouer un rôle actif dans l’invasion et la métastase, donc le ciblage de leur persistance migratoire pourrait limiter leurs effets sur la progression du cancer », a déclaré l’auteur de cette étude, Michelle Dawson, professeur adjoint de pharmacologie moléculaire.

La vimentine donne aux PGCC une structure plus souple 

Lorsque les cellules se répliquent à l’intérieur d’une tumeur, elles deviennent de plus en plus encombrées, et les cellules voisines se pressent étroitement contre elles. Ces cellules finissent par s’agglomérer en une masse semblable à un solide. La vimentine donne aux PGCC une structure plus souple et élastique, ce qui les protège des dommages dans cette situation, et leur permet de se presser contre les cellules voisines pour s’échapper vers de nouvelles zones moins encombrées.
Ainsi, lorsque les chercheurs ont perturbé la vimentine, ils ont considérablement réduit la capacité des cellules à se déplacer. De plus, la vimentine semble jouer un rôle important dans le réarrangement du noyau d’une cellule en division, donc la perturbation de la vimentine pourrait aussi aider à empêcher les PGCC de former des cellules filles.
Dans une prochaine étape, Mme Dawson et ses collègues espèrent trouver un biomarqueur pour les PGCC, afin de pouvoir étudier ces cellules dans les tumeurs humaines.

De futurs médicaments qui ciblent les interactions de la vimentine

« Cette étude montre que la vimentine est surexprimée dans les PGCC, et est probablement responsable de plusieurs de leurs comportements anormaux », a déclaré Mme Dawson. « La vimentine est une protéine omniprésente, donc cibler directement la vimentine peut ne pas être une réponse, mais les médicaments qui ciblent les interactions de la vimentine peuvent être efficaces pour limiter les effets de ces cellules ».
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : Brown University
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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