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Les minuscules matériaux à l’échelle nanométrique offrent des propriétés uniques, et l’une des façons dont les scientifiques cherchent à en tirer parti est de s’attaquer aux cellules cancéreuses de différentes sortes. Une équipe de recherche au Royaume-Uni a démontré comment une adaptation de cette technologie peut être utilisée pour lutter contre le mésothéliome, un cancer difficile à traiter, causé par l’exposition à l’amiante.

Des nanoparticules d’or

Les nanoparticules d’or présentées dans cette nouvelle étude, sont de minuscules cylindres qui ne mesurent qu’un millième de la largeur d’un cheveu humain. Comme une balle, elles sont formées en déposant de l’or sur des nanorobots d’argent, qui s’accumulent ensuite à la surface et provoquent la dissolution de l’argent, ne laissant finalement derrière eux qu’un tube d’or évidé.
En modifiant ce processus, les chercheurs peuvent ajuster les propriétés physiques de ces tubes telles que l’épaisseur et la composition de la paroi, ce qui modifie la façon dont elles réagissent aux différentes longueurs d’onde de la lumière. L’équipe a réussi à utiliser une conception particulière pour s’attaquer aux cellules du mésothéliome, un cancer dont le taux de survie est faible.
« Le mésothéliome est l’un des cancers les plus difficiles à traiter, et le mieux que nous pouvons offrir aux personnes qui bénéficient des traitements existants, est quelques mois de survie supplémentaires », explique le Dr Arsalan Azad de l’université de Cambridge. « Il existe un besoin important non satisfait de nouveaux traitements efficaces ».

Un laser permet de les réchauffer

Ces nanotubes d’or de l’équipe ont été ajoutés à des cellules de mésothéliome, cultivées en laboratoire. Ces cellules ont absorbé ces nanotubes d’une manière qui les a rapprochés de leur noyau et donc de l’ADN. L’équipe a ensuite appliqué un laser vers ces nanotubes, absorbant la lumière et commencer à se réchauffer, pour finalement tuer la cellule cancéreuse.
Les cellules du mésothéliome « mangent » ces nanotubes, ce qui les rend vulnérables lorsque nous les éclairons », explique le professeur Stefan Marciniak de l’université de Cambridge. « La lumière laser est capable de pénétrer profondément dans les tissus sans causer de dommages. Elle est ensuite absorbée par ces  nanotubes, qui se réchauffent et, nous l’espérons, pourraient être utilisés à l’avenir pour provoquer la mort localisée du cancer ».
Les scientifiques travaillent maintenant à améliorer ces nanotubes afin qu’ils ciblent les cellules cancéreuses, avec plus de précision et qu’ils endommagent moins les cellules saines environnantes. Une autre possibilité consiste à les remplir de médicaments pour renforcer leur capacité à tuer les cellules cancéreuses.

Les charger de médicaments 

« Le contrôle de la taille et de la forme de ces nanotubes, nous permet de les régler pour qu’ils absorbent la lumière là où le tissu est transparent, ce qui leur permettra d’être utilisés à la fois pour l’imagerie et le traitement des cancers », a déclaré le professeur Stephen Evans de l’université de Leeds. « La prochaine étape consistera à charger ces nanotubes avec des médicaments pour des thérapies améliorées ».
Cette recherche a été publiée dans Small.
Source : University of Cambridge
Crédit photo : StockPhotoSecrets