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Dans une récente étude, un groupe de recherche dirigé par Christian Gruber a isolé un peptide (petite molécule protéique) de la betterave. Ce peptide est capable d’inhiber une enzyme particulière qui est responsable de la dégradation des molécules messagères dans l’organisme.

Un peptide dans la betterave

En raison de sa structure moléculaire et de ses propriétés pharmacologiques particulièrement stables, ce peptide de la betterave peut être un bon candidat pour le développement d’un médicament destiné à traiter certaines maladies inflammatoires, comme par exemple les maladies neurodégénératives et auto-immunes.
Ce peptide présent dans les racines des betteraves appartient à un groupe de molécules, que les plantes utilisent notamment comme défense chimique contre les parasites tels que les bactéries, les virus ou les insectes. « En analysant des milliers de données génomiques, notre équipe a pu définir un certain nombre de nouveaux peptides riches en cystéines et les attribuer phylogénétiquement dans le règne végétal. Dans ce processus, notre attention a été attirée sur une fonction possible en tant qu’inhibiteurs de protéase ». Ce peptide peut donc inhiber les enzymes qui digèrent les protéines », explique M. Gruber.
Ce peptide inhibe spécifiquement la prolyl oligopeptidase (POP), qui est impliquée dans la dégradation des hormones protéiques dans l’organisme et est donc capable de réguler les réactions inflammatoires. La POP est un médicament, qui cible les maladies neurodégénératives et inflammatoires, comme la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques.

Traiter la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques

« Cela signifie que, dans de futures études, ce groupe de peptides végétaux appelés « knottins », comme ceux que l’on trouve dans la betterave, pourrait potentiellement fournir un médicament candidat pour traiter ces maladies ».
Ce peptide n’est pas seulement présent dans les légumes-racines, mais il peut également être détecté dans le jus de betterave disponible dans le commerce – bien qu’en très faibles concentrations. « Bien que la betterave soit un légume très sain, il serait déraisonnable d’espérer que la démence puisse être traitée par une consommation régulière de betteraves », souligne le pharmacologue de MedUni Vienne.
« Ce peptide n’est présent qu’en très petites quantités et il n’est pas certain qu’il puisse être absorbé en tant que tel par le tube digestif ». Par conséquent, d’autres études sont nécessaires pour rendre ce peptide plus facilement absorbable et s’assurer qu’il ne provoquera pas d’effets secondaires.
Cette recherche a été publiée dans Journal of Natural Products.
Source : Medical University of Vienna
Crédit photo : Pexels