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La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune qui se développe lorsque le système immunitaire de l’organisme attaque le système nerveux central. Plus précisément, elle attaque la couche protectrice qui entoure les cellules nerveuses, appelée gaine de myéline. Les traitements actuels de la SEP visent à contrer cette réaction inflammatoire en supprimant le système immunitaire, ce qui peut entraîner de graves effets secondaires comme un risque accru d’infection, et même le cancer.

Empêcher les cellules immunitaires d’attaquer la myéline

Les chercheurs de Jefferson ont trouvé un moyen d’empêcher ces cellules immunitaires d’attaquer la myéline et d’arrêter la progression de cette maladie, tout en laissant le reste du système immunitaire intact, dans des modèles murins de la SEP.
« Il existe de nombreux antigènes immuno-activants possibles dans la gaine de myéline, mais le plus grand obstacle est que nous ne savons pas quel composant de la myéline déclenche la réponse immunitaire chez les patients atteints de la SEP », déclare l’auteur principal, Abdolmohamad Rostami. « Des études antérieures ont utilisé des antigènes de myéline uniques ou des combinaisons d’antigènes pour prévenir l’auto-immunité dans des modèles animaux, mais chez l’homme, elles ont eu un succès limité ».
Pour obtenir des réponses, les chercheurs se sont intéressés aux cellules appelées oligodendrocytes. Ces cellules enroulent leur membrane cellulaire autour des cellules nerveuses pour produire la gaine de myéline. De minuscules sacs appelés vésicules extracellulaires (VE) peuvent être récoltés à partir d’oligodendrocytes cultivés. Les chercheurs ont découvert que ces VE contiennent presque tous les antigènes de la myéline pertinents. Avec tous ces antigènes présents, il y aurait une plus grande chance que ces vésicules puissent arrêter l’attaque auto-immune de la myéline.
« L’intérêt de ces VE est qu’ils nous donnent la possibilité de traiter cette maladie de manière spécifique à l’antigène, sans avoir à connaître l’identité exacte de l’antigène cible », explique le Dr Rostami. « Cela couvre toutes les bases ».

Des résultats stupéfiants

Les chercheurs ont pu injecter en toute sécurité les VE par voie intraveineuse dans trois modèles différents de souris, représentant les stades précoce et avancé de la sclérose en plaques. Lorsqu’ils ont été administrés avant le développement de cette maladie, les VE ont eu un effet prophylactique, empêchant l’apparition des symptômes comme la diminution de la mobilité et la paralysie. Lorsqu’ils étaient administrés après l’apparition de la maladie, les VE ont réduit de manière significative la gravité de cette maladie dans les trois modèles, au point que les animaux pouvaient à nouveau marcher.
« Les antigènes impliqués dans la réponse auto-immune peuvent différer entre les patients atteints de la SEP, et même changer avec le temps chez un patient », explique le Dr Rostami. « Le fait que notre approche ait été efficace dans différents modèles expérimentaux, montre que cela pourrait agir comme une thérapie universelle ».
Fait important, les chercheurs ont découvert que cette thérapie expérimentale n’affectait que les cellules immunitaires, qui attaquaient la couche de myéline. Le reste du système immunitaire était intact et pas du tout affaibli. « C’est un énorme avantage de notre méthode spécifique à l’antigène par rapport aux thérapies actuelles, qui sont comme un marteau de forgeron pour le système immunitaire », explique le Dr Rostami, « et c’est ce qui la rend si novatrice ».

Efficace également chez les humains

En transposant cette approche au milieu clinique, l’équipe a découvert qu’elle était capable d’isoler les vésicules des oligodendrocytes d’origine humaine. Ces vésicules humaines, comme celles des souris, contenaient également de multiples antigènes de la myéline, et pouvaient donc avoir le même effet thérapeutique chez les patients.
Le Dr Rostami et son équipe travaillent actuellement à faire breveter l’approche des VE par voie intraveineuse, ce qui pourrait constituer une étape révolutionnaire pour le traitement de la SEP.
Cette recherche a été publiée dans Science Translational Medicine.
Source : Thomas Jefferson University
Crédit photo : Pexels

La sclérose en plaques : une nouvelle immunothérapiemartinbiothechnologie
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