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Des chercheurs de l’université de Hong Kong ont découvert qu’un médicament existant, contre la polyarthrite rhumatoïde peut être réorienté pour annuler la résistance des bactéries aux antibiotiques.

Réorienter un ancien médicament

Les antibiotiques ont été l’une des plus importantes découvertes scientifiques du XXe siècle, mais malheureusement, des décennies de surconsommation nous ont maintenant rattrapés. Les bactéries ont développé une résistance à presque tous les médicaments que nous pouvons utiliser, et si ce problème n’est pas résolu, nous pourrions nous diriger vers une nouvelle « ère noire » de la médecine, où même la plus élémentaire des infections redevient mortelle.
Pour que ce scénario ne se réalise pas, les chercheurs de cette nouvelle recherche, ont étudié les médicaments existants qui pourraient tuer ces bactéries. L’équipe a découvert que l’auranofine, un médicament utilisé pour traiter l’arthrite rhumatoïde depuis les années 1980, peut restaurer la fonction bactériologique de deux antibiotiques de « dernier recours » qui deviennent inefficaces.
Les carbapénèmes sont une classe d’antibiotiques utilisés pour traiter des infections qui résistent à pratiquement tout le reste de notre arsenal. La colistine, quant à elle, est considérée comme un antibiotique de dernier recours en raison de ses graves effets secondaires. Il est inquiétant de constater que les bactéries sont de plus en plus résistantes aux carbapénèmes et à la colistine.

L’Auranofine inhibait deux enzymes importantes

Dans cette nouvelle étude, des chercheurs ont exposé des E. coli multirésistants à l’auranofine, et ont découvert que ce médicament inhibait deux enzymes que les bactéries utilisent pour résister aux antibiotiques. La première enzyme est appelée métallo-β-lactamases (MBL), que les bactéries utilisent pour décomposer les carbapénèmes. La seconde est l’enzyme de résistance à la colistine mobilisée (MCR), qui combat la colistine.
Lorsque l’équipe a combiné l’auranofine avec la colistine ou un carbapénème appelé méropénem, elle a découvert que non seulement ces anciens médicaments recommençaient à tuer les « superbactéries », mais qu’ils pouvaient le faire à une dose 32 à 64 fois plus faibles que d’habitude. Cela pourrait réduire certains des effets secondaires.
Lors des tests effectués sur des souris souffrant d’infections résistantes aux antibiotiques, les chercheurs ont découvert que la combinaison de l’auranofine et de la colistine tuait dix fois plus de bactéries dans le foie et la rate des animaux que l’antibiotique non combiné. Mieux encore, chez les souris atteintes d’une infection systémique par une superbactérie d’E. coli, chaque animal traité a survécu après un traitement de cinq jours à l’auranofine et à la colistine.

Confirmer ces résultats chez l’humain

Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, y compris la réalisation de tests chez l’homme, les résultats obtenus jusqu’à présent sont intéressants. Ce type de traitement pourrait contribuer à renforcer notre dernière ligne de défense contre les « superbactéries », nous permettant ainsi de gagner du temps pour mettre au point de tout nouveaux antibiotiques efficaces.
Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.
Source : University of Hong Kong
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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