un-spray-nasal-peut-il-bloquer-le-coronavirus
Un antiviral nasal créé par des chercheurs du Collège des médecins et chirurgiens Vagelos de l’Université de Columbia a bloqué la transmission du SARS-CoV-2 chez des furets, suggérant qu’un spray nasal pourrait également prévenir l’infection chez les personnes exposées au nouveau coronavirus.

Un spray nasal 

Le composé contenu dans ce spray – un lipopeptide développé par Anne Moscona, et Matteo Porotto, professeurs au département de pédiatrie et directeurs du Centre pour l’interaction hôte-pathogène – est conçu pour empêcher le nouveau coronavirus de pénétrer dans les cellules hôtes.
Ce lipopeptide antiviral est peu coûteux à produire, a une longue durée de conservation, et ne nécessite pas de réfrigération. Ces caractéristiques le distinguent des autres approches antivirales en cours de développement, notamment les anticorps monoclonaux. Ce nouveau lipopeptide nasal pourrait être idéal pour arrêter la propagation du COVID-19 aux États-Unis et dans le monde; ce composé transportable et stable pourrait être particulièrement important pour les populations rurales, à faibles revenus et difficiles à atteindre.
Une pré-publication de cette étude est parue dans bioRxiv, le 5 novembre ; un article décrivant une première génération de ce composé et son effet dans un modèle 3D du poumon humain est paru pour la première fois dans la revue mBio, le 20 octobre. Dans ce modèle de poumon humain, ce composé a été capable de supprimer une infection initiale, d’empêcher la propagation du virus dans le poumon et n’était pas toxique pour les cellules des voies respiratoires.

Les furets comme modèle

Les furets sont souvent utilisés dans les études sur les maladies respiratoires, parce que leurs poumons et ceux des humains sont similaires. Les furets sont très sensibles à l’infection par le SARS-CoV-2, et le virus se propage facilement d’un furet à l’autre. Dans cette étude, 100 % des furets non traités ont été infectés par leurs compagnons de cage qui excrétaient le nouveau virus, ce qui se rapproche d’un cadre comme le partage d’un lit ou des conditions de vie proches pour les humains.

Les lipopeptides empêchent les virus d’infecter les cellules

Les lipopeptides agissent en empêchant un virus de fusionner avec la membrane cellulaire de son hôte, une étape nécessaire qui enveloppe les virus, dont le SARS-CoV-2, utilisés pour infecter les cellules. Pour fusionner, ce nouveau coronavirus déploie sa protéine de pointe (S) avant de se contracter en un faisceau compact qui entraîne la fusion.
Ce composé qui reconnaît la pointe de SARS-CoV-2-SARS, se coince dans la région dépliée et empêche la protéine de la pointe d’adopter la forme compacte nécessaire à la fusion. Dans les expériences sur les furets, ce lipopeptide a été administré dans le nez de six furets. Les couples de furets traités ont ensuite été hébergés avec deux furets témoins qui ont reçu un spray nasal salin et un furet infecté par le SARS-CoV-2.
Après 24 heures de contact direct entre les furets, les tests ont révélé qu’aucun des furets traités n’avait attrapé le virus de leur cage infectée et que leur charge virale était précisément nulle, alors que tous les animaux témoins étaient fortement infectés.

Les lipopeptides sont faciles à administrer

Moscona et Porotto proposent que ces peptides puissent être utilisés dans toute situation où une personne non infectée serait exposée, que ce soit dans un foyer, une école, un établissement de soins ou une communauté.
« Même dans un scénario idéal où de larges segments de la population seraient vaccinés – et avec une confiance et un respect total des procédures de vaccination – ces antiviraux formeront un complément important pour protéger les individus et contrôler la transmission », affirment Moscona et Porotto. Les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées ou qui ne développent pas d’immunité bénéficieront particulièrement de ce spray.

Une protection immédiate

Ce spray est facile à administrer et, d’après l’expérience des scientifiques avec d’autres virus respiratoires, la protection serait immédiate et durerait au moins 24 heures. Les scientifiques espèrent faire progresser rapidement cette approche préventive des essais sur l’homme, dans le but d’arrêter la transmission pendant cette pandémie.
Source : Columbia University
Crédit photo : StockPhotoSecrets