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Une étude menée par le département de neurochirurgie de Cedars-Sinai, a permis d’identifier certaines régions de la rétine qui sont plus touchées par la maladie d’Alzheimer que d’autres régions. Ces résultats pourraient aider les médecins à prévoir les changements dans le cerveau ainsi que la détérioration cognitive, même pour les patients présentant les premiers signes d’une légère déficience.

Une région de la rétine touchée par la maladie d’Alzheimer 

« Ces indices peuvent apparaître très tôt dans la progression de la maladie d’Alzheimer – plusieurs décennies avant l’apparition des symptômes », a déclaré Maya Koronyo-Hamaoui, professeure associée de neurochirurgie et coauteure de cette étude. « La détection de ces signes peut aider à diagnostiquer cette maladie avec plus de précision, ce qui permet une intervention thérapeutique plus précoce et plus efficace ».
Dans le cadre de l’essai, les chercheurs ont utilisé une technique non invasive connue sous le nom d’imagerie amyloïde sectorielle de la rétine, pour capturer des images de la rétine des participants. La rétine, qui est directement reliée au cerveau, est le seul tissu du système nerveux central accessible pour une imagerie non invasive, à haute résolution et adaptée au patient.
Ces images ont ensuite été analysées à l’aide d’un nouveau procédé permettant d’identifier certaines régions périphériques de la rétine, qui correspondaient mieux aux lésions cérébrales et à l’état cognitif. En étudiant ces images, les scientifiques ont pu détecter les patients présentant une accumulation accrue de protéines amyloïde dans la rétine, ce qui signifie une probabilité plus élevée de développer la maladie d’Alzheimer ou des troubles cognitifs.
Ces résultats s’appuient sur une recherche pionnière menée en 2010, dans le cadre de laquelle Mme Koronyo-Hamaoui et son équipe ont identifié une marque pathologique de la maladie d’Alzheimer, à savoir des dépôts de protéines bêta-amyloïde, dans les tissus rétiniens des patients décédés. L’équipe a ensuite développé une méthodologie pour détecter les plaques de bêta-amyloïde dans la rétine de patients vivants souffrant de cette maladie.

Une thérapie de modulation immunitaire

« Nous avons découvert que l’augmentation des niveaux de peptides bêta-amyloïdes dans la rétine était en corrélation avec les niveaux trouvés dans les tissus cérébraux, même aux derniers stades de la maladie d’Alzheimer », a déclaré M. Koronyo-Hamaoui. « Nous avons également suggéré un type particulier de thérapie de modulation immunitaire, qui pourrait combattre cette maladie en réduisant les protéines toxiques et l’inflammation nocive dans le cerveau et, en retour, en renforçant un type de réponse immunitaire protecteur qui préserve les connexions entre les neurones, qui sont étroitement liés à la cognition ».
Ces deux études sont prometteuses pour le diagnostic et le traitement de la maladie d’Alzheimer, une affection qui touche plus de 5,5 millions de personnes aux États-Unis et près de 33 000 en France, a déclaré le docteur Keith Black, professeur et directeur du département de neurochirurgie « Ces travaux pourraient orienter les futures études d’imagerie du cerveau et de la rétine pour détecter la maladie d’Alzheimer, évaluer la progression de cette maladie et identifier les toutes premières options de traitement », a déclaré M. Black.
Cette recherche a été publiée dans Alzheimer’s & Dementia: Diagnosis, Assessment & Disease Monitoring.
Source : Cedars-Sinai Medical Center
Crédit photo : StockPhotoSecrets