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Le choix entre sortir courir ou rester affalé sur son canapé peut être délicat, mais il s’avère que vos yeux peuvent révéler votre décision avant même que vous ne l’ayez prise.

Vos yeux sont révélateurs

Lorsque nous faisons quelque chose qui exige un effort physique, nos pupilles peuvent se dilater et l’activité s’intensifie dans le cortex préfrontal, la partie du cerveau qui participe à la cognition. Maintenant, il semble que ces deux réactions puissent également guider nos décisions, concernant des activités que nous n’avons pas encore réalisées.
Pour étudier cette idée, Irma Kurniawan et ses collègues de l’Université de Zurich en Suisse ont demandé à 49 personnes de choisir entre différentes tâches, qui variaient selon leur niveau d’effort.
Les chercheurs ont d’abord formé les participants à effectuer des séries de pressions sur les mains, à l’aide d’un appareil portatif, en les neutralisant à différents niveaux de difficulté physique. Chaque personne a ensuite été placée dans un scanner IRM fonctionnel pour enregistrer son activité cérébrale, tandis qu’un oculomètre surveillait la taille de ses pupilles.
Les participants ont été invités à choisir entre des contractions de la main plus intenses ou sans effort, avec une plus grande récompense en argent pour le choix des exercices les plus difficiles. Une fois sortis du scanner, 30 minutes à une heure plus tard, les participants ont effectué une sélection aléatoire de contractions des mains en fonction des niveaux d’effort qu’ils avaient choisis.

La taille des pupilles avait changé

L’équipe a constaté des changements dans la taille des pupilles et l’activité du cortex préfrontal au fur et à mesure que les personnes prenaient leur décision. Comme ces changements se sont produits avant que les participants n’aient réellement effectué les exercices, cela suggère que ces gens anticipaient la quantité d’effort qu’ils allaient devoir fournir.
De plus, si quelqu’un a choisi l’activité la plus difficile, cela a été révélé par la dilatation spécifique de la pupille et les schémas d’activité cérébrale. L’équipe suggère que ces signaux influencent le résultat des décisions des personnes, en aidant à prédire la quantité d’énergie dont elles auront besoin, et cela révèle si les personnes finiront par faire une tâche plus exigeante en matière d’effort.
« C’est une proposition très intéressante », déclare Tobias Hauser, de l’University College London, qui n’a pas participé à ces travaux. Cependant, la taille de la pupille et le signal du cortex préfrontal sont connus pour refléter différentes choses, dit-il. « [Ils] ont été liés à différents aspects de la cognition, que ce soit l’effort, la surprise, la difficulté, donc ce n’est pas une chose unitaire ».

De futures études pour confirmer ces résultats

Quant à savoir si la dilatation de la pupille et l’activité du cortex préfrontal jouent vraiment un rôle dans notre décision d’exécuter des efforts futurs, « c’est un objectif lointain, mais il vaut la peine de le poursuivre », dit Hauser. Des études de suivi devraient établir si ces deux facteurs affectent directement notre comportement et s’ils peuvent agir différemment chez les personnes peu motivées, dit-il. Si c’est le cas, « je pense que c’est certainement une nouvelle perspective intéressante sur l’effort et la prise de décision, qui pourrait en partie reformuler ce que nous comprenons ».
Cette recherche a été pré-publiée dans bioRxiv,
Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels