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La toxoplasmose est une maladie causée par une infection parasitaire courante. Bien que l’on soupçonne que des centaines de millions de personnes dans le monde peuvent être infectées par ce parasite, seul un petit nombre d’entre elles présentent des symptômes et développent la maladie.

Un parasite altère les comportements

Au cours des phases aiguës d’une infection, on sait que certaines personnes présentent des altérations cognitives ou comportementales. De nombreuses recherches ont été menées sur la corrélation entre la schizophrénie et la toxoplasmose, mais on se demande malgré tout si ce parasite peut être lié à ces types de troubles neuropsychologiques.
De nouvelles recherches, menées par une équipe de l’université de Leeds et de l’université de Toulouse, présentent une hypothèse pour expliquer comment ce type d’infection parasitaire pourrait influencer certains troubles neurologiques, et modifier le comportement des gens. Un article dans cette étude, apporte de nouvelles connaissances sur la manière dont les changements neurophysiologiques influencent le comportement et indique de nouvelles cibles de recherche thérapeutique.

Deux théories

« Notre vision relie les deux théories opposées sur la façon dont T. gondii modifie le comportement de l’hôte, et cela pourrait s’appliquer à d’autres infections du système nerveux », explique Glenn McConkey, responsable de cette nouvelle recherche. « Une école croit que les changements de comportement sont provoqués par la réponse immunitaire à l’infection et l’autre que les changements sont dus à l’altération des neurotransmetteurs ».
Cette nouvelle recherche suggère que l’infection par ce parasite responsable de la toxoplasmose, régule à la baisse un neurotransmetteur appelé norépinéphrine. Celle-ci déclenche ensuite des mécanismes pro-inflammatoires dans les cellules du cerveau en supprimant les processus de signalisation plutôt que de contrôler les réponses immunitaires. On pense que les changements comportementaux et cognitifs qui en résultent sont dus à une augmentation de la neuroinflammation.
Pour aller de l’avant, des travaux supplémentaires sont nécessaires pour comprendre si le rétablissement de la signalisation de la noradrénaline peut soit prévenir, soit inverser ces anomalies comportementales associées à une infection parasitaire. Des cibles médicamenteuses potentielles pourraient être développées pour moduler cette voie et traiter un certain nombre d’affections neurologiques, qui sont sous-tendues par une neuroinflammation.

De futurs traitements antipsychotiques

« Cette recherche contribuera à répondre au grand besoin de comprendre comment l’inflammation du cerveau est liée à la cognition, ce qui est essentiel pour le développement futur des traitements antipsychotiques », déclare M. McConkey.
Cette recherche a été publiée dans Trends in Immunology.
Source : University of Leeds
Crédit photo : Pexels