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L’idée que les humains modernes ont supplanté les Néandertaliens parce qu’ils étaient mieux protégés contre les toxines de la fumée, est maintenant remise en question. Une étude antérieure qui avait avancé cette suggestion a maintenant été réfutée par la recherche génétique des scientifiques de Leyde et de Wageningen.
La fabrication et l’utilisation du feu sont considérées comme l’une des innovations les plus importantes de l’évolution de l’homme. Le feu a apporté des avantages tels que la chaleur, la protection contre les prédateurs et un régime alimentaire plus diversifié, car il permettait de cuire des aliments crus et non comestibles. Les traces de feu ne se conservent pas bien, il est donc loin d’être clair quand les compétences en matière de fabrication du feu se sont développées et si les Néandertaliens possédaient déjà ces compétences depuis longtemps.

Des recherches contradictoires

L’un des inconvénients du feu est qu’il expose les gens aux substances toxiques contenues dans la fumée. En 2016, deux études génétiques contradictoires sont apparues pour savoir si les humains modernes ou les Néandertaliens étaient plus aptes à tolérer les toxines produites par la fumée. Un groupe de scientifiques américains a étudié une protéine réceptrice (le récepteur d’hydrocarbure aryle ou récepteur Ah) qui est sensible aux toxines trouvées dans la fumée, et qui est différente chez les deux hominidés. Ils ont conclu que les Néandertaliens étaient jusqu’à mille fois plus sensibles à ces toxines que l’homme moderne.
L’autre groupe était composé de chercheurs de Leyde, dont le professeur d’archéologie Wil Roebroeks et le biologiste/toxicologue moléculaire Jac Aarts. Avec des collègues de l’université et de la recherche de Wageningen, ils sont arrivés à la conclusion inverse, sur la base d’études de 19 gènes différents. Ils ont découvert que les Néandertaliens avaient plus de variantes de gènes qui neutralisaient les effets nocifs des toxines que la plupart des humains modernes.
Les variantes des gènes protecteurs chez les Néandertaliens semblent être des variantes plus anciennes en matière d’évolution, qui protègent également les personnes contre les toxines des plantes. C’est probablement l’explication évolutionniste de la présence de ces gènes chez les premiers hominidés.

Mais plus maintenant

Aarts et ses collègues de Leyde et de Wageningen ont maintenant répété l’étude précédente de leurs collègues nord-américains. Ils ont utilisé pour leur expérience un nouveau plan de recherche qui leur a permis d’avoir une meilleure approche de la biologie humaine. Ils ont utilisé des cellules humaines plutôt que les cellules de rat que leurs prédécesseurs avaient utilisé. Ils ont découvert qu’il n’y a aucune raison de conclure que cette protéine réceptrice rendait les Néandertaliens plus vulnérables aux toxines de la fumée. Donc les Néandertaliens pouvaient résister à ces toxines venant de la fumée.

Le feu et la biologie humaine

L’utilisation préhistorique du feu est l’un des principaux domaines de recherche en archéologie à Leyde. Des études antérieures menées à Leyde ont montré que les premiers hominidés ont probablement survécu pendant plusieurs milliers d’années en Europe, sans avoir accès au feu. Ce sont les archéologues de Leyde qui, en 2018, ont été les premiers à démontrer l’utilisation du feu par les premiers hominidés. Les archéologues de Leyde ont également mis en évidence l’utilisation du feu dans le monde entier pour modeler les paysages par les chasseurs-cueilleurs. Cette étude est en ce moment très actuelle en raison de l’augmentation problématique des incendies naturels en Australie et en Amérique.
Ces nouvelles découvertes de Aarts et de ses collègues ont une importance plus grande que les seules connaissances sur les premiers hominidés. Cette publication souligne l’importance de la fonction des protéines dans leur contexte biologique pertinent.
Cette recherche a été publiée dans Molecular Biology and Evolution.
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