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Une équipe de l’École de médecine de l’université de Washington à St. Louis, a mis au point une technique qui permet de détecter des biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien, ce qui pourrait permettre de poser un diagnostic plus précoce et de mettre au point des traitements plus efficaces.

Des biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien

Si la maladie d’Alzheimer peut devenir évidente et plus facile à diagnostiquer lorsque la personne atteinte, présente des symptômes tels que la perte de mémoire et le déclin cognitif, les scientifiques espèrent intervenir bien avant que cette neurodégénérescence ne s’installe.
Ces types de tests recherchent les signes de protéines appelées tau et amyloïde, qui sont toutes deux impliquées dans le développement de la maladie d’Alzheimer dans le cerveau. Ces protéines amyloïdes s’accumulent en ce qu’on appelle des plaques, tandis que les protéines tau mal repliées se transforment en enchevêtrements –  tous deux considérés comme toxiques pour les neurones du cerveau.
Au centre de cette nouvelle recherche se trouvent les enchevêtrements tau, qui peuvent être détectés par la TEP, bien que celle-ci soit coûteuse et longue. Plus précisément, les chercheurs se sont concentrés sur un élément-clé des enchevêtrements tau, appelé région de liaison des microtubules tau (MTBR), qui est un morceau insoluble de cette protéine finale.
L’espoir était de détecter les niveaux de MTBR en analysant le liquide cérébrospinal des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les efforts précédents pour mesurer le MTBR dans ces échantillons de fluide ont échoué, mais les auteurs de cette nouvelle étude pensent avoir trouvé une nouvelle voie.

Analyser des échantillons de liquide céphalorachidien

La technique de l’équipe consiste à analyser des échantillons de liquide céphalorachidien, avec un ensemble de produits chimiques, qui permet de purifier tau, et de combiner cela avec la spectrométrie de masse pour analyser le contenu de cette solution.
Cette méthode a été appliquée au liquide céphalorachidien de 100 sujets âgés de 70 ans. Trente de ces sujets ne présentaient aucun trouble cognitif ou signes d’Alzheimer, 58 avaient des plaques amyloïdes sans symptômes cognitifs ou une démence légère ou modérée d’Alzheimer, tandis que 12 souffraient de troubles cognitifs mais d’affections sans rapport.
L’équipe a découvert que chez les personnes atteintes d’Alzheimer, les niveaux d’un MTBR spécifique, appelé MTBR tau 243, étaient élevés dans le liquide céphalorachidien. De plus, sa concentration augmentait en fonction de la gravité des troubles cognitifs et de la démence. Les chercheurs ont ensuite suivi certains des sujets pendant deux à neuf ans, et ont constaté que chez les personnes atteintes d’une aggravation de la maladie d’Alzheimer, les niveaux de MTBR tau 243 continuaient d’augmenter de manière significative.
« Il n’existe actuellement aucun biomarqueur qui reflète directement la maladie d’Alzheimer dans le liquide céphalorachidien ou dans le sang », explique le premier auteur, Kanta Horie. « Ce que nous avons trouvé ici, c’est qu’une nouvelle forme de tau, le MTBR tau 243, augmente continuellement au fur et à mesure que la  pathologie tau progresse.

De nouvelles thérapies pour la maladie d’Alzheimer

Cela pourrait nous permettre non seulement de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, mais aussi de savoir où en sont les personnes atteintes. Nous avons également trouvé certaines espèces spécifiques de MTBR tau entre les neurones du cerveau, ce qui suggère qu’elles pourraient être impliquées dans la propagation des enchevêtrements de tau d’un neurone à l’autre.
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour de nouvelles thérapies pour la maladie d’Alzheimer basées sur le ciblage du MTBR tau pour arrêter la propagation des enchevêtrements ».
Cette recherche a été publiée dans Brain.
Source : Washington University School of Medicine in St. Louis
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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Une équipe de l'École de médecine de l'université de Washington à St. Louis, a mis au point une technique qui permet de détecter des biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien, ce qui pourrait permettre de poser un diagnostic plus précoce et de mettre au point des traitements plus efficaces. Des biomarqueurs...