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Le virus de la grippe s’est révélé être un ennemi très difficile à combattre. Maintenant, les chercheurs de l’EPFL en Suisse, ont développé des molécules synthétiques qui peuvent tuer le virus de la grippe en imitant des cellules humaines, et en mettant la pression sur le virus lorsqu’il s’attache à ces leurres.

Des leurres synthétiques 

Les médicaments antiviraux actuels, tels que l’oseltamivir (ou Tamiflu), agissent en attaquant le virus une fois qu’il est à l’intérieur d’une cellule hôte, et en coupant sa capacité à se répliquer et à se propager. Le problème, c’est qu’il a une fenêtre d’action très courte : il faut attendre plus de 36 heures environ après l’infection et son efficacité diminue. De plus, les virus pourraient développer une résistance à son utilisation.
Pour cette nouvelle étude, l’équipe de l’EPFL à développer une alternative qui, idéalement, serait efficace contre une série de souches de la grippe saisonnière et ne provoquerait pas d’effets secondaires graves chez les patients. Les chercheurs ont modifié une molécule de sucre afin qu’elle imite une membrane cellulaire, ce qui incite un virus de la grippe à s’y attacher.
« Pour que les antiviraux soient vraiment efficaces, ils doivent être virucides, c’est-à-dire qu’ils doivent inhiber de manière irréversible l’infectivité virale », explique Francsco Stellacci, auteur principal de cette étude. « Une fois que le virus est fixé, notre molécule exerce une pression locale et le détruit. Et ce mécanisme est irréversible ».

Elles sont très efficaces

L’équipe a testé ses molécules contre plusieurs souches de la grippe humaine et aviaire, dans le cadre d’études sur des souris et de cultures cellulaires en laboratoire. Tout au long des 24 premières heures de l’infection, ces molécules ont montré une efficacité constante, ce qui, selon l’équipe, pourrait signifier qu’elle fonctionne pendant plus de 36 heures chez l’homme. Dans un autre test, ces molécules ont été administrées 24 heures après l’infection, ce qui a permis d’obtenir un taux de survie de 90 % chez ces souris. En comparaison, aucun des animaux n’a survécu avec un placebo ou de l’oseltamivir.
Les chercheurs affirment que cette méthode pourrait déboucher sur de nouveaux médicaments antiviraux contre un large éventail de virus de la grippe. Cela permettrait de résoudre l’un des principaux défis de cette maladie : la rapidité avec laquelle elle mute chaque année, ce qui nécessite des vaccins annuels dont le taux de réussite est souvent variable.

Une arme potentielle

Bien entendu, à ce stade, ce traitement n’a été testé que sur des souris et des cultures cellulaires de laboratoire, et rien ne garantit que ces résultats se répercuteront sur les patients humains. Les chercheurs devront donc faire d’autres tests. S’ils s’avèrent positifs, nous aurions une arme de plus contre la grippe saisonnière.
Cette recherche a été publiée Advanced Science.
Source : EPFL
Crédit photo : StockPhotoSecrets