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Les mitochondries sont des structures à l’intérieur des cellules qui produisent de l’énergie chimique – et comme les cellules cancéreuses sont particulièrement gourmandes en énergie, cela pourrait être une faiblesse potentielle à cibler. Maintenant, des chercheurs ont mis au point un médicament expérimental qui bloque le métabolisme des mitochondries, privant les cellules cancéreuses d’énergie tout en laissant les cellules saines relativement indemnes.

Cibler les mitochondries 

Le cancer n’est en fait que des cellules normales qui se développent de manière incontrôlée, et pour ce faire, elles ont besoin d’une abondance d’énergie. Les mitochondries peuvent donc sembler être une cible privilégiée pour les médicaments anticancéreux, et si certains succès ont été enregistrés dans ce domaine, les progrès ont été difficiles. Beaucoup de ces médicaments sont toxiques pour les cellules saines, lesquelles ont aussi besoin d’énergie.
Pour cette nouvelle étude, des chercheurs ont examiné un moyen plus sûr de cibler indirectement les mitochondries. L’équipe comprenait des scientifiques de l’Université de Göteborg, de l’Institut Karolinksa et de l’Institut Max Planck pour la biologie du vieillissement.

L’enzyme POLRMT

Les mitochondries contiennent en fait leur propre ADN, distinct de celui du reste de l’organisme. Ces molécules d’ADN mitochondrial (ADNmt) sont régulées par une série de protéines, et l’équipe a découvert que le ciblage de ces protéines permettait de perturber l’expression des gènes dans l’ADNmt. Une enzyme en particulier, appelée ARN polymérase mitochondriale (POLRMT), s’est distinguée des autres.
« Les résultats précédents de notre groupe ont montré que les cellules à prolifération rapide, telles que les cellules embryonnaires, sont très sensibles à l’inhibition de l’expression de l’ADNmt, alors que les tissus différenciés tels que les muscles squelettiques peuvent tolérer cette condition pendant une période étonnamment longue », explique Nils-Göran Larsson, chercheur principal de cette étude. « Nous avons pensé que POLRMT, en tant que régulateur-clé de l’expression de l’ADNmt, pourrait constituer une cible prometteuse ».

Un composé chimique qui inhibe la POLRMT

Après des recherches approfondies, l’équipe a découvert un composé chimique qui inhibe la POLRMT, qui a ensuite été testé sur des souris ayant reçu des greffes de cellules cancéreuses humaines. Ces animaux ont reçu ce médicament par voie orale pendant quatre semaines, avec des résultats prometteurs. L’inhibiteur POLRMT a fortement réduit la viabilité et la croissance des tumeurs, sans toxicité pour les cellules saines normales.
« Nos données suggèrent que nous affamons les cellules cancéreuses pour qu’elles meurent sans effets secondaires toxiques importants, au moins pendant un certain temps », déclare Nina Bonekamp, coauteure principale de cette étude. « Cela nous donne une possibilité de traiter le cancer. Un autre avantage de notre inhibiteur est que nous savons exactement où il se lie à POLRMT et ce qu’il fait à cette enzyme. Cela contraste avec certains autres médicaments qui sont même utilisés en clinique ».

Des tests supplémentaires sont nécessaires

Bien sûr, il y a encore des risques. L’équipe reconnaît que même si les cellules saines tolèrent le stress au début, elles finiront par en souffrir. L’idéal serait qu’elles tiennent le coup jusqu’à ce que le cancer soit traité, mais c’est une chose que des tests supplémentaires devront étudier.
Cette recherche a été publiée dans Nature.
Source : Max Planck Institute
Crédit photo : StockPhotoSecrets 

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