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Selon les scientifiques des National Institutes of Health, le Reston ebolavirus (RESTV) doit être considéré comme un agent pathogène du bétail susceptible d’affecter d’autres mammifères, y compris l’homme. Cette mise en garde provient d’une étude dans laquelle les scientifiques ont découvert que les porcelets de laboratoire infectés par le RESTV développaient une maladie respiratoire grave et excrétaient le virus par les voies respiratoires supérieures.

Une possible transmission chez l’homme

Le RESTV peut infecter l’homme mais n’est pas connu pour provoquer une maladie. Les scientifiques s’inquiètent maintenant du fait que les porcs pourraient servir d' »hôte intermédiaire ou amplificateur des ébolavirus ».
« L’émergence du RESTV chez le porc est un signal d’alarme car la transmission à l’homme par contact direct avec les porcs ou la chaîne alimentaire, est une possibilité », déclarent-ils dans leur étude. Les scientifiques du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) des NIH ont mené ces travaux aux Rocky Mountain Laboratories à Hamilton, au Montana.

L’OMS a lancé une alerte mondiale

Les scientifiques ont identifié pour la première fois le RESTV en 1989 sur des singes de recherche expédiés des Philippines à Reston, en Virginie. Le virus a également attiré l’attention en 2008 lorsqu’une épidémie a frappé des porcs aux Philippines. Cette épidémie a conduit à la première association de transmission du RESTV du porc à l’homme, ce qui a incité l’OMS à lancer une alerte mondiale en février 2009.
Des séquences de RESTV ont également été identifiées chez les porcs en Chine, et les scientifiques suggèrent que les autorités surveillent les porcs pour détecter cette maladie dans l’ensemble des Philippines et de l’Asie du Sud-Est.
Les scientifiques du NIAID ont mené leur étude pour répondre à deux questions importantes : pourraient-ils provoquer une maladie chez les jeunes porcs – imitant l’infection naturelle par le RESTV isolée lors de l’épidémie porcine de 2008 – et si oui, ces porcs pourraient-ils excréter le virus par leurs voies respiratoires ?
Le travail des chercheurs a confirmé que les porcs ont en fait développé une pneumonie grave avec excrétion du virus par les voies respiratoires supérieures. Ils ont également déterminé que l’âge des porcelets au moment de l’infection – ils ont utilisé des animaux âgés de trois à sept semaines – ne changeait pas l’évolution de cette maladie.

Une épidémie potentielle

Leurs travaux ont porté sur des porcs croisés du Yorkshire, qui sont fréquemment utilisés dans les systèmes de production porcine commerciale. Le RESTV n’a pas été trouvé chez les porcs commerciaux aux États-Unis. Si ces travaux s’avèrent exacts, nous pourrions faire face à une épidémie comme celle que nous avons avec le COVID-19.
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : NIH
Crédit photo : Pexels