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La maladie de Crohn est une affection intestinale inflammatoire, déclenchée par un système immunitaire hyperactif qui s’attaque par erreur aux microbes intestinaux. Des chercheurs ont mis au point un nouveau type d’immunothérapie pour la maladie de Crohn qui permet d’obtenir un « triple coup de poing » en modifiant les réponses des différentes cellules immunitaires.

Un nouveau type d’immunothérapie

Chez certaines personnes, les cellules T effectrices peuvent réagir de façon excessive à certaines protéines microbiennes, ce qui les pousse à lancer une attaque  qui, par inadvertance, blesse également les cellules humaines. Cela entraîne une inflammation intestinale, des douleurs, des colites et d’autres symptômes gastro-intestinaux, que les patients atteints de la maladie de Crohn ne connaissent que trop bien.
Pour cette nouvelle étude, des chercheurs de l’université d’Alabama à Birmingham ont donc cherché un moyen de calmer ces cellules T. Ils sont parvenus à mettre au point un traitement qui prévient les poussées de colite chez des souris de la maladie de Crohn, en réduisant le nombre de cellules T mémoire (Tm) et en augmentant le nombre de cellules T régulatrices (Treg).
Ces cellules T mémoire sont comme des sentinelles, en surveillant les résurgences d’infections antérieures. Elles se tiennent à l’écart jusqu’à ce qu’elles détectent un antigène qu’elles « se souviennent » d’avoir rencontré, puis entrent rapidement en action, produisant un grand nombre de cellules T effectrices. Normalement, c’est une fonction importante – mais chez les patients atteints de la maladie de Crohn, ces cellules Tm peuvent développer une mémoire pour des antigènes microbiens inoffensifs et déclencher une réaction immunitaire inutile.

Une méthode à trois volets

Pour cette étude, l’équipe s’est concentrée sur les flagellines, un type de protéines que l’on trouve souvent dans les bactéries intestinales inoffensives, mais qui est souvent un déclencheur de la colite. Dans ces cellules Tm sensibles à la flagelline, les chercheurs ont bloqué une protéine de signalisation appelée mTOR, qui est vitale pour la production des cellules T effectrices. Ensuite, les scientifiques ont activé ces cellules Tm – mais avec mTOR bloquée – elles sont incapables de monter leur attaque et meurent à la place.
Le troisième volet de l’attaque consiste à induire une réponse plus importante des cellules Treg, qui permettent de tenir en échec les fauteurs de troubles. L’équipe a testé cette nouvelle méthode sur des souris atteintes de la maladie de Crohn, et a constaté qu’elle prévenait les poussées de colite. Des résultats similaires ont été trouvés dans des tests sur des cellules immunitaires prélevées sur des patients humains atteints de la maladie de Crohn.
Pour l’instant, les chercheurs admettent que le ciblage d’une flagelline spécifique ne sera probablement pas trop utile pour traiter la maladie de Crohn, mais les futures versions de cette thérapie pourraient avoir plus de chance en élargissant leur filet à d’autres flagellines.

Pour d’autres maladies auto-immunes

À terme, on espère que ce traitement pourra être utilisé pour aider les patients atteints de la maladie de Crohn à se débarrasser de leurs symptômes. À plus long terme, il pourrait éventuellement être adapté pour aider à traiter d’autres maladies auto-immunes comme le diabète de type 1 ou la sclérose en plaques.
Cette recherche a été publiée dans Science Immunology.
Source : University of Alabama at Birmingham
Crédit photo : Pexels

martinbiothechnologie
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