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Des scientifiques de l’université d’Osaka City ont découvert que la métolazone, un médicament antihypertenseur qui existe depuis près de 50 ans, peut déclencher un processus de réparation cellulaire qui prolonge la vie des vers ronds. Ces recherches suggèrent que ce mécanisme pourrait être transposable à l’homme, offrant ainsi de nouvelles pistes de recherche dans la recherche d’un médicament anti-âge.

Un médicament anti-âge

Les mitochondries sont de minuscules structures qui agissent comme des centrales électriques cellulaires. Avec le vieillissement, les mitochondries deviennent de plus en plus dysfonctionnelles et, dans la recherche de médicaments qui prolongent la durée de vie, certains scientifiques cherchent des moyens de réparer ces structures fondamentales.
Lorsque les mitochondries sont endommagées, un processus appelé réponse protéique dépliée mitochondriale (UPRmt) est parfois déclenché. Ce mécanisme implique la réparation des mitochondries, et certains chercheurs spécialisés dans la lutte contre le vieillissement pensent que nous pourrions vivre plus longtemps et en bonne santé, si ce processus pouvait être activé par la prise d’un médicament.
« Même si le vieillissement n’est pas une maladie, des médicaments peuvent ralentir le vieillissement et atténuer ou prévenir ses effets négatifs sur notre santé », explique Eriko Kage-Nakadai, l’une des scientifiques travaillant sur ces nouvelles recherches.
Eriko Kage-Nakadai a dirigé une équipe de scientifiques de l’Université d’Osaka City pour découvrir s’il existe des médicaments existants qui peuvent déclencher l’UPRmt. La première étape a consisté à cribler environ 3 000 médicaments pour ces vers, qui avaient été génétiquement modifiés pour briller lorsqu’un gène appelé hsp-6 est activé. Ce gène est connu pour être fortement exprimé au cours du processus d’UPRmt.

La métolazone 

Un médicament appelé métolazone est rapidement apparu comme ayant un effet significatif sur le gène hsp-6. La métolazone est un médicament utilisé pour traiter l’hypertension artérielle et il est utilisé depuis près de 50 ans.
L’effet de prolongation de la durée de vie de la métolazone a ensuite été testé sur des vers C. elegans, un organisme fréquemment utilisé dans les premières recherches précliniques. Il a été confirmé que la métolazone prolongeait de manière significative la durée de vie de ces vers ronds.
L’effet d’allongement de la durée de vie de la métolazone n’a pas été constaté lorsque les chercheurs ont bloqué l’activité de plusieurs gènes connus pour jouer un rôle dans l’UPRmt. Cela a permis d’affirmer que les effets anti-vieillissement potentialisés par la métolazone étaient très probablement le résultat de l’activation de ce processus de réparation mitochondriale.
Enfin, les chercheurs ont examiné l’effet de la métolazone sur le gène hsp-6 (connu sous le nom de Hspa9 chez l’homme) dans les lignées cellulaires humaines. Ce médicament pour la pression artérielle a augmenté l’expression de ce gène, renforçant l’hypothèse selon laquelle cette activation UPRmt liée à ce médicament.

Pour de futures thérapies

Ces recherches n’en sont qu’à leurs débuts, alors ne vous attendez pas à ce que la métolazone soit présentée comme un médicament miracle anti-âge. Mais cette nouvelle étude offre des éléments de base précieux pour la science de l’allongement de la durée de vie, notamment en confirmant un lien entre la longévité et l’activation de ce processus de réparation des mitochondries. M. Kage-Nakadai souligne également l’intérêt d’étudier des médicaments existants et déjà approuvés, en particulier ceux dont le brevet est expiré, qui sont facilement accessibles et dont on sait qu’ils sont sûrs.
« Ce qui est particulièrement passionnant, c’est que nous avons testé ici des médicaments approuvés déjà disponibles, et nous avons révélé le potentiel de réutilisation de ces médicaments existants pour le contrôle du vieillissement », déclare Kage-Nakadai. « Ces vers nous donnent toujours de nombreux indices ».
Cette recherche a été publiée dans Biogerontology.
Source : Osaka City University
Crédit photo : Pexels

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Des scientifiques de l'université d'Osaka City ont découvert que la métolazone, un médicament antihypertenseur qui existe depuis près de 50 ans, peut déclencher un processus de réparation cellulaire qui prolonge la vie des vers ronds. Ces recherches suggèrent que ce mécanisme pourrait être transposable à l'homme, offrant ainsi de...