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La recherche sur un type très rare de démence précoce a permis de découvrir une nouvelle mutation génétique, qui entraîne un dysfonctionnement des globules blancs et une rupture de la barrière hémato-encéphalique. Cette étude suggère que ce mécanisme de neurodégénérescence récemment découvert pourrait jouer un rôle dans des types de démence plus courants, comme la maladie d’Alzheimer.

Une nouvelle mutation génétique

Dirigée par des scientifiques du Trinity College de Londres, cette nouvelle recherche a pour but d’étudier les mécanismes qui sous-tendent une maladie neurodégénérative très rare appelée leucoencéphalopathie d’apparition adulte avec sphéroïdes axonaux et cellules gliales pigmentées (ALSP). Les symptômes cliniques de cette maladie héréditaire ressemblent à ceux de la maladie d’Alzheimer, mais elle apparaît à un âge beaucoup plus précoce (début de la quarantaine) et provoque une neurodégénérescence rapide sur une période de cinq à dix ans.
On sait que l’ALSP est causée par des mutations dans le gène CSF1R. Une hypothèse courante est que les mutations du CSF1R conduisent à un comportement dysfonctionnel de la microglie, un type de cellule immunitaire du cerveau. Mais une nouvelle hypothèse est présentée dans cette étude qui suggère qu’un mécanisme entièrement différent pourrait sous-tendre la neurodégénérescence observée dans l’ALSP.
En utilisant des échantillons de tissus cérébraux post mortem et des modèles précliniques, l’équipe de chercheurs a découvert que certaines mutations du CSF1R entraînent une activité anormale des macrophages. Ces globules blancs dysfonctionnels ont endommagé la barrière hémato-encéphalique et c’est cette chaîne d’événements qui pourrait être à l’origine de cette neurodégénérescence progressive.
« L’aspect le plus passionnant de notre étude est que nous avons maintenant mis au point une nouvelle voie qui, jusqu’à présent, n’a pas été explorée en détail », déclare le premier auteur de cette nouvelle étude, Conor Delaney. « De plus, nos données suggèrent que la modification de la fonction des globules blancs peut être thérapeutiquement pertinente pour les maladies neurodégénératives progressives ».

De nouveaux médicaments

Bien que l’ALSP soit une maladie très rare, elle partage de nombreuses caractéristiques pathologiques avec la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs suggèrent donc que cette découverte, qui se concentre sur le dysfonctionnement des globules blancs à l’origine des lésions de la barrière hémato-encéphalique, pourrait être transférable aux démences liées à la maladie d’Alzheimer.
Colin Doherty, un autre auteur de cette nouvelle étude, suggère que l’étude de ces formes rares et à progression rapide de maladies neurodégénératives permet d’obtenir des aperçus uniques sur les mécanismes qui jouent plus lentement dans les formes courantes de démence, et ce mécanisme nouvellement découvert ouvre la porte à des voies de recherche entièrement nouvelles.
« Il est absolument essentiel que nous concentrions nos efforts de recherche sur l’identification de la cause sous-jacente de ces maladies neurodégénératives », déclare M. Doherty. « Des études comme celles-ci ouvriront la voie à une meilleure gestion clinique de nos patients et, espérons-le, à de nouveaux médicaments pour traiter cette maladie ».
Cette recherche a été publiée dans EMBO Molecular Medicine.
Source : Trinity College Dublin
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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