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Selon une étude, il est possible de renforcer les cellules T du système immunitaire pour qu’elles attaquent efficacement les tumeurs solides, comme le cancer du sein, en ajoutant une petite molécule à une procédure de traitement, appelée thérapie cellulaire du récepteur d’antigène chimérique T (CAR-T). Cette molécule permet de recruter davantage de cellules immunitaires pour combattre une tumeur.

La thérapie CAR-T contre le cancer du sein

L’immunothérapie CAR-T, dans laquelle les cellules T sont modifiées en laboratoire pour exprimer des récepteurs antigéniques chimériques, les CAR-T, qui à leur tour ciblent les protéines de surface sur les cellules cancéreuses, s’est avérée très efficace dans le traitement des patients atteints de leucémie à cellules B ou de lymphome. Mais cette nouvelle recherche, menée sur des modèles de souris, montre qu’il est possible d’utiliser plus efficacement la thérapie CAR-T contre les tumeurs solides également.
« Nous savons que les cellules CAR-T sont sans danger pour les patients atteints de tumeurs solides, mais jusqu’à présent, elles n’ont pas été capables de provoquer une régression tumorale significative chez la majorité des personnes traitées », a déclaré le docteur Jonathan S. Serody, professeur de médecine. « Nous disposons maintenant peut-être d’une nouvelle approche pour faire fonctionner les cellules CAR-T dans les tumeurs solides, ce qui pourrait, selon nous, changer la donne pour les thérapies visant un grand nombre de cancers ».
Pour que la thérapie CAR-T soit efficace, les cellules T réinjectées dans les patients doivent pouvoir migrer vers le site d’une tumeur. Dans le traitement des patients atteints de tumeurs non solides, comme les lymphomes, les cellules CAR-T se fixent sur la moelle osseuse et d’autres organes qui composent le système lymphatique. Mais pour les tumeurs solides, comme le cancer du sein, ce n’est généralement pas le cas. Même si elles migrent vers la tumeur, elles n’y persistent pas et ne s’y développent pas bien en raison de la nature du micro-environnement qui entoure ces tumeurs, a noté M. Serody.

Stimuler l’accumulation des cellules Th17 et Tc17

Serody et ses collègues ont donc cherché des moyens de diriger ces cellules développées en laboratoire vers le site des tumeurs solides. Ils se sont concentrés sur les cellules Th17 et Tc17, dont on sait qu’elles ont une plus longue persistance dans le micro-environnement qui entoure une tumeur, en partie grâce à leurs meilleures capacités de survie. Pour stimuler l’accumulation des cellules Th17 et Tc17 à proximité des tumeurs solides, ils se sont tournés vers deux petites molécules qui peuvent activer une réponse immunitaire : le stimulateur de gènes d’interféron (STING), les agonistes DMXAA et cGAMP.
Dans les expériences de Serody, les souris auxquelles on a injecté le cGAMP ont présenté une prolifération accrue de cellules T et ces cellules ont migré vers le site de la tumeur. Le résultat final a été une diminution significative de la croissance de la tumeur et une amélioration de la survie.
« Nous espérons pouvoir étudier le cGAMP chez l’homme assez rapidement », a conclu M. Serody. « Nous allons d’abord voir si nous pouvons améliorer ce traitement contre des cancers de la tête et du cou, et si cela s’avère prometteur, passer à d’autres formes de cancer en utilisant les cellules CAR-T générées par un de nos collègues ici à l’UNC ».
Cette recherche a été publiée dans Journal of Experimental Medicine.
Source : UNC Lineberger Comprehensive Cancer Center
Crédit photo : StockPhotoSecrets