les-méduses-ont-une-stratégie-pour-nager-plus-vite
Même si elles n’ont pas de nageoires et que leur corps est gélatineux, les méduses sont parmi les nageuses les plus économes en énergie. Elles y parviennent en utilisant leurs cloches contractiles pour créer un mur d’eau qu’elles peuvent pousser afin de se propulser plus rapidement.

Elle crée un mur d’eau

Lorsqu’il nage ou se déplace, un animal peut bénéficier de l’effet de sol, qui réduit la traînée et augmente la portance à l’approche d’une surface. Cet effet entre également en jeu dans les avions. Mais les méduses passent la plupart de leur temps en eau libre, de sorte qu’elles n’ont pas de surfaces contre lesquelles pousser. Elles créent plutôt une poche d’eau à haute pression sous leur cloche contractile qui leur donne un coup de pouce.
Brad Gemmell, de l’université de Floride du Sud, et ses collègues ont enregistré les mouvements de huit méduses nageant librement dans un bassin. Pour suivre les tourbillons d’eau créés lorsque ces méduses nageaient, ils ont pointé un laser dans ce réservoir pour illuminer de microscopiques perles de verre qui se déplaçaient avec l’eau.
Ils ont découvert que lorsque les méduses pressaient leur corps pour nager, elles généraient deux paires de tourbillons. Lorsqu’une méduse s’étend et contracte sa cloche, elle crée deux tourbillons au bord de cette cloche qui éloignent l’eau du corps de l’animal. Deux autres tourbillons s’écoulant dans la direction opposée sont alors créés sous cette cloche contractile, poussant l’eau vers les tentacules de la méduse.

Concevoir des véhicules plus efficaces

À cet endroit, l’eau entre en collision, créant une poche de haute pression qui forme une sorte de mur d’eau, dont la fonction est similaire à celle d’une surface réelle, en permettant à l’effet de sol de se produire. Des travaux antérieurs ont montré que ce « vortex d’arrêt » sous la méduse permet à l’animal de récupérer de l’énergie et de se déplacer 30 % plus loin qu’il ne l’aurait fait autrement.
Gemmell pense que cette découverte pourrait être utile pour créer des véhicules plus efficaces, en inspirant de nouvelles conceptions qui utilisent cet effet de vortex – par exemple pour permettre aux sous-marins de se déplacer plus rapidement dans les eaux libres.
Il ne serait pas surprenant que d’autres animaux comme les poissons créent et utilisent également des tourbillons à cette fin, explique M. Gemmell, mais la simplicité et la transparence des méduses en font un outil idéal pour étudier leurs mouvements.
Cette recherche a été publiée dans Proceedings of the Royal Society B.DOI: 10.1098/rspb.2020.2494.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay