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Les patients atteints de la sclérose tubéreuse de Bourneville (ou en anglais; Tuberous sclerosis complex), une maladie génétique caractérisée par la croissance de tumeurs non cancéreuses dans plusieurs organes du corps, ont des options de traitement limitées. Une équipe dirigée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) a maintenant montré qu’une thérapie génique peut traiter efficacement les souris qui expriment l’un des gènes mutés à l’origine de cette maladie.

Une thérapie génique

Le gène, appelé TSC2, code la tubérine, une protéine qui agit pour inhiber la croissance et la prolifération des cellules. Lorsque des mutations se produisent dans le TSC2, entraînant un manque de tubérine dans les cellules, elles s’agrandissent et se multiplient, entraînant la formation de tumeurs.
Pour rétablir la fonction du TSC2 et de la tubérine dans un modèle murin de la sclérose tubéreuse de Bourneville, les chercheurs ont mis au point une forme de thérapie génique utilisant un vecteur viral adéno-associé portant l’ADN qui code pour une forme condensée de tubérine (qui s’inscrit dans la capacité de transport du vecteur) et fonctionne comme la protéine normale de la tubérine entière.
Les souris atteintes de la sclérose tubéreuse de Bourneville, avaient une durée de vie réduite d’environ 58 jours en moyenne, et elles présentaient des signes d’anomalies cérébrales correspondant à celles que l’on observe souvent chez les patients atteints de cette maladie. Cependant, lorsque ces souris ont reçu une injection intraveineuse de cette thérapie génique, leur survie moyenne a été prolongée à 462 jours, et leur cerveau a montré moins dommages.

Les traitements actuels sont peu efficaces

« Les traitements actuels de sclérose tubéreuse de Bourneville, comprennent la chirurgie et/ou un traitement à vie avec des médicaments qui provoquent une suppression immunitaire et compromettent potentiellement le développement précoce du cerveau.
Il est donc clairement nécessaire d’identifier d’autres approches thérapeutiques pour cette maladie », déclare Shilpa Prabhakar, coauteur principal et chercheur dans les départements de neurologie et de radiologie du MGH. « Les vecteurs de virus adéno-associés ont été largement utilisés dans les essais cliniques pour de nombreuses maladies héréditaires, avec peu ou pas de toxicité, une action à long terme dans les cellules non divisées et une amélioration des symptômes », ajoute Prabhakar.
Elle note que des bénéfices peuvent être constatés après une seule injection, et que certaines formes de vecteurs viraux peuvent efficacement pénétrer dans le cerveau et les organes périphériques, après une seule injection intraveineuse.

Tester le potentiel de cette stratégie

La FDA a approuvé un nombre limité de produits pour une thérapie génique pour une utilisation chez l’homme, et les résultats de cette étude suggèrent que des essais cliniques sont justifiés pour tester le potentiel de cette stratégie chez les patients atteints de la sclérose tubéreuse de Bourneville.
Cette recherche a été publiée dans Science Advances.
Source : Massachusetts General Hospital
Crédit photo : StockPhotoSecrets