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Une équipe a montré que les microbes sont capables de réaliser un exploit incroyable, qui pourrait aider à récupérer une ressource naturelle précieuse et à absorber les polluants toxiques.

Geobacter pour récupérer des métaux lourds

L’équipe de Gemma Reguera travaille avec des bactéries présentes dans le sol et les sédiments, connues sous le nom de Geobacter. L’équipe a enquêté sur ce qui arrive aux bactéries lorsqu’elles rencontrent du cobalt.
Le cobalt est un métal précieux mais de plus en plus rare, il est utilisé dans les batteries des véhicules électriques et les alliages des engins spatiaux. Il est également très toxique pour les êtres vivants, y compris les humains et les bactéries.
Mais l’équipe soupçonnait que Geobacter pourrait échapper à ce destin. Ces microbes sont très résistants. Ils peuvent empêcher les contaminants de l’uranium de pénétrer dans les eaux souterraines, et ils peuvent s’alimenter en tirant de l’énergie des minéraux contenant de l’oxyde de fer. « Ils respirent la rouille », a déclaré M. Reguera.
Les scientifiques savent peu de choses sur la façon dont ces microbes interagissent avec le cobalt dans l’environnement, mais de nombreux chercheurs ont estimé que le métal toxique serait mortel pour les microbes. Mais l’équipe de M. Reguera a remis en question cette idée et a découvert que les Geobacter sont des « mineurs » de cobalt efficaces, qui extraient le métal de la rouille sans le laisser pénétrer dans leurs cellules et les tuer. Au contraire, ces bactéries se nourrissent essentiellement du métal.

C’est comme Iron Man quand il met son costume

« Elles forment des nanoparticules de cobalt sur leur surface. Elles se métallisent et c’est comme un bouclier qui les protège », a déclaré M. Reguera. « C’est comme Iron Man quand il met son costume. »
Elle voit cette découverte comme une preuve de concept qui ouvre la porte à un certain nombre de possibilités passionnantes. Par exemple, Geobacter pourrait constituer la base d’une nouvelle biotechnologie conçue pour récupérer et recycler le cobalt des batteries au lithium-ion, réduisant ainsi la dépendance des pays vis-à-vis des mines de cobalt étrangères.
Les chercheurs devraient mieux étudier Geobacter comme un moyen d’absorber d’autres métaux toxiques qui étaient auparavant considérés comme des condamnations à mort pour cette bactérie. Reguera est particulièrement intéressé par la possibilité pour Geobacter d’aider à nettoyer le cadmium, un métal présent dans la pollution industrielle qui affecte de manière disproportionnée les communautés les plus défavorisées d’Amérique.

Explorer pour aller plus loin

« Cela nous rappelle qu’il faut être créatif et ne pas être limité quant aux possibilités. Cette recherche, c’est la liberté d’explorer, de chercher et d’aller plus loin », a déclaré M. Reguera. « Nous avons des opinions de manuels scientifiques sur ce que les microbes peuvent et doivent faire, mais la vie est si diverse et si colorée. Il y a d’autres processus qui attendent d’être découverts ».
Cette recherche a été publiée dans Frontiers in Microbiology.
Source : Michigan State University
Crédit photo : StockPhotoSecrets

martinPollution
Une équipe a montré que les microbes sont capables de réaliser un exploit incroyable, qui pourrait aider à récupérer une ressource naturelle précieuse et à absorber les polluants toxiques. Geobacter pour récupérer des métaux lourds L'équipe de Gemma Reguera travaille avec des bactéries présentes dans le sol et les sédiments, connues...