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La macroglobulinémie de Waldenström (MW), une forme rare de lymphome, n’a aucun remède connu et un seul traitement approuvé par la FDA, ce qui rend le traitement des patients difficile. De plus les symptômes sont très diversifiés selon les patients; ce qui complique le diagnostic.
Les chercheurs de l’université du New Hampshire ont adopté une nouvelle approche consistant à cibler des protéines cellulaires spécifiques qui contrôlent l’information de l’ADN en utilisant des inhibiteurs, qui sont efficaces pour réduire la croissance des cellules cancéreuses et, lorsqu’ils sont combinés àavec un troisième médicament, ils réussissent encore mieux à tuer les cellules cancéreuses de cette maladie, ce qui pourrait conduire à davantage d’options de traitement.

Des inhibiteurs réduisent la croissance du cancer

« C’est la première étude à faire état des résultats prometteurs des inhibiteurs dans la macroglobulinémie de Waldenström, ce qui pourrait ouvrir la porte à de nouvelles possibilités cliniques », a déclaré Sherine Elsawa, professeur associé de sciences moléculaires. « Nous savons que le ciblage de ces types de protéines avec des inhibiteurs peut augmenter les résultats thérapeutiques dans de nombreux autres types de cancer, mais les résultats souhaités dans les cellules MW ont fait défaut ».
Dans leur étude, Elsawa et son équipe se sont concentrés sur la régulation épigénétique des cellules cancéreuses de la MW. L’épigénétique est l’étude de la façon dont l’ADN est ouvert et fermé pour permettre l’expression ou le codage de certains gènes. Chaque protéine a une fonction différente : certaines écrivent le code génétique, d’autres le lisent ou l’interprètent et d’autres encore peuvent l’effacer.
Les chercheurs se sont concentrés sur deux protéines, la bromodomaine et l’extraterminal (BET), qui sont des lecteurs épigénétiques. Il a été démontré que cette protéine BET est impliquée dans des états pathologiques, notamment le cancer. Les médicaments qui inhibent ces protéines peuvent bloquer l’expression des gènes qui régulent les cellules cancéreuses en ralentissant et en arrêtant leur croissance.

Une réduction de 70% de la prolifération cellulaire

Les cellules cancéreuses de la MW ont été traitées avec les inhibiteurs BET JQ-1 et I-BET-762 qui ont réduit la croissance des cellules de la MW en laboratoire. Bien que l’effet dépendant de la dose ait été significatif pour ces deux médicaments, le BET JQ-1 a montré l’effet inhibiteur le plus fort avec une réduction de 70% de la prolifération cellulaire à la dose la plus élevée. Cependant, aucun des deux inhibiteurs n’a été efficace pour induire la mort cellulaire.
Les chercheurs ont essayé d’ajouter trois médicaments différents, le venetoclax, la panabinostat et l’ibrutinib (la seule thérapie approuvée par la FDA spécifiquement pour les patients atteints de la MW), un à la fois en combinaison avec les inhibiteurs BET ((JQ-1 et I-BET-762). Après avoir étudié chaque combinaison de médicaments séparément, ils ont découvert que l’ajout de venetoclax ou de panabinostat aux inhibiteurs était plus efficace que l’ajout d’ibrutinib, le panobinostat offrant la meilleure combinaison thérapeutique.

Le ciblage épigénétique

Bien que l’ibrutinib seul ait montré son efficacité chez les patients atteints de MW, cette étude suggère que le ciblage épigénétique est susceptible de fournir un meilleur résultat thérapeutique et que les patients atteints de la MW qui suivent une thérapie à l’ibrutinib peuvent bénéficier de l’ajout de BET JQ1 qui peut améliorer l’efficacité de l’ibrutinib.
Cette recherche a été publiée dans Epigenomics.
Source : University of New Hampshire
Crédit photo : StockPhotoSecrets