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Des zones anormalement hyperactives dans le cerveau pourraient aider à mieux prédire l’apparition de la maladie d’Alzheimer, selon les conclusions d’une équipe de recherche dirigée par Sylvie Belleville. L’hyperactivation pourrait être un biomarqueur précoce de la maladie d’Alzheimer, affirment les chercheurs dans leur étude, et co-écrite par Belleville et Nick Corriveau-Lecavalier, un étudiant en doctorat qu’elle supervise.

Inquiète pour leur mémoire

Dans le cadre de leurs recherches, l’équipe a découvert une hyperactivation de certaines zones du cerveau chez des personnes qui n’avaient pas encore reçu le diagnostic d’Alzheimer, mais qui s’inquiétaient pour leur mémoire et qui présentaient des facteurs de risque de cette maladie.
Cette étude marque une étape importante dans ce domaine de recherche, car l’hyperactivation des régions susceptibles d’être atteintes de la maladie d’Alzheimer, telle que montrée par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), a été observée chez des personnes ne présentant aucun symptôme clinique, et avant l’apparition de troubles cognitifs détectés par des tests standardisés.
« Cette étude indique qu’une activation anormale dans ces régions peut être observée de nombreuses années avant le diagnostic », a déclaré M. Belleville. Cette découverte est cruciale pour l’avancement des connaissances sur cette maladie », a-t-elle poursuivi.
« La maladie d’Alzheimer est progressive et peut apparaître dans le cerveau 20 à 30 ans avant le diagnostic. Il est donc très important d’identifier des biomarqueurs – c’est-à-dire des signes physiques et détectables de cette maladie – et de mieux comprendre les premiers effets sur le cerveau. L’hyperactivation pourrait donc représenter l’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer ».

Une forme en U inversée

L’équipe a observé qu’à mesure que cette maladie progresse, l’activation neuronale suit une trajectoire en forme de U inverse. En effet, l’activation dans certaines zones du cerveau dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, peut augmenter de manière significative avant que la perte neuronale causée par cette  maladie n’entraîne une nette diminution de l’activation.
« Cette forme peut caractériser le processus pathologique sous-jacent et aider les médecins à déterminer le stade de cette maladie », a expliqué M. Corriveau-Lecavalier, premier auteur de cette étude. « Combiné avec d’autres indicateurs tels que les analyses sanguines et les tests cognitifs, ce type de recherche en neuroimagerie pourrait aider à une éventuelle détection plus précoce ».
Pour leur étude, l’équipe a utilisé les données du Consortium pour l’identification précoce de la maladie d’Alzheimer, pour étudier l’activation du cerveau chez des groupes de personnes à haut risque de développer la maladie d’Alzheimer, qui avaient effectué une tâche de mémoire tout en étant scannées par IRMf. Un groupe était composé de 28 personnes qui s’inquiétaient de leur mémoire, mais qui ne présentaient pas de troubles cognitifs lors des tests cliniques traditionnels. L’autre groupe comprenait 26 personnes présentant des troubles cognitifs légers.

Une activation réduite

Les chercheurs ont constaté que les personnes du premier groupe, ou celles qui se plaignaient de leur mémoire mais qui ne présentaient pas de troubles cognitifs objectifs, présentaient des niveaux anormalement élevés d’activation dans plusieurs régions-clés du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer. Les personnes souffrant de troubles cognitifs légers, qui sont considérées comme étant à un stade plus avancé de cette maladie, avaient tendance à présenter une activation réduite dans ces régions du cerveau.
Cette recherche a été publiée dans Alzheimer’s & Dementia: Diagnosis, Assessment & Disease Monitoring.
Source : University og Montreal
Crédit photo : StockPhotoSecrets