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Quel est le rapport entre la production d’acide biliaire dans le tube digestif et la maladie de Parkinson ? Beaucoup de choses, selon une nouvelle analyse de grande envergure. Les résultats révèlent que les changements dans le microbiome intestinal, peuvent modifier la production d’acide biliaire en favorisant la synthèse de formes toxiques de ces acides.

Des acides biliaires toxiques

Ces changements n’ont été observés que chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et non chez les témoins sains, une différence essentielle qui suggère que les acides biliaires pourraient être un biomarqueur viable pour diagnostiquer précocement la maladie de Parkinson et suivre sa progression. Ces découvertes pourraient également ouvrir de nouvelles voies pour le développement de thérapies qui entraveraient ces changements liés à la maladie de Parkinson dans l’intestin, ce qui permettrait de ralentir ou d’arrêter l’apparition et la progression de cette maladie.
La recherche a été menée par feu Viviane Labrie, docteur en médecine, de l’Institut Van Andel, en collaboration avec des collègues de VAI, Beaumont Health, Michigan State University College of Human Medicine et Oregon Health & Science University.
« Il est de plus en plus évident que la santé des intestins est étroitement liée à la santé du cerveau », a déclaré Peipei Li, première auteure de cette étude. « Nos conclusions offrent de nouvelles possibilités passionnantes pour mieux comprendre cette relation et peut-être pour développer de nouvelles façons de diagnostiquer – et même de traiter – la maladie de Parkinson.

Une analyse d’échantillons d’appendices

Pour leur recherche sur les différences dans le microbiome, l’équipe s’est tournée vers l’appendice, un morceau de tissu souvent malsain qui joue en fait un rôle important dans la régulation des microbes intestinaux. En utilisant une approche « multi-omique », l’équipe a analysé et comparé de manière exhaustive la composition microbienne d’échantillons d’appendices provenant de personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de témoins sains. Ils ont trouvé des différences significatives – les changements dans la composition microbienne des échantillons de Parkinson étant en corrélation avec des niveaux plus élevés d’acides biliaires toxiques.
Ces dernières années, les recherches ont révélé un nombre croissant de liens entre l’intestin et la maladie de Parkinson. Par exemple, la constipation chronique est souvent l’un des premiers signes de cette maladie, et peut survenir des décennies, avant l’apparition des symptômes moteurs, qui sont une des caractéristiques de la maladie de Parkinson. D’autres études ont montré que l’hépatite C, qui affecte le foie, augmente le risque de développer la maladie de Parkinson.
Il est important de noter qu’une étude réalisée en 2018 par Labrie et ses collègues a démontré que l’ablation de l’appendice est associée à une réduction de 19 à 25 % du risque d’avoir la maladie de Parkinson lorsque l’intervention chirurgicale a lieu au début de la vie, avant le début du processus de cette maladie.

L’alpha-synucléine seule ne serait pas suffisante

Ils ont également découvert que l’appendice agit comme un réservoir de protéines liées à la maladie de Parkinson appelées alpha-synucléine, dont les amas sont un signe pathologique-clé de la maladie de Parkinson. Cependant, l’alpha-synucléine a été trouvée dans les appendices de témoins sains ainsi que de personnes atteintes de la maladie de Parkinson, ce qui implique que la présence de cette protéine seule ne suffit pas à déclencher la maladie de Parkinson.
Cette recherche a été publiée dans Metabolites.
Source : Van Andel Institute
Crédit photo : StockPhotoSecrets