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La pandémie de COVID-19 qui a paralysé des villes dans le monde entier n’a pas seulement affecté notre façon de travailler, d’étudier et de socialiser, elle a également affecté notre mobilité. Des millions de travailleurs ne se déplaçant plus, la circulation automobile a diminué. Cela a eu un impact significatif sur la qualité de l’air dans les grandes villes canadiennes, selon une nouvelle étude des chercheurs de Concordia.

La qualité de l’air au Canada

Les chercheurs ont examiné les données des stations de surveillance de la qualité de l’air des centres-villes de Vancouver, d’Edmonton, de Saskatoon, de Winnipeg, de Toronto, de Montréal, et d’Halifax. Ils ont comparé les niveaux de concentration de dioxyde d’azote, de monoxyde de carbone et de dioxyde de soufre mesurés dans ces villes entre février et août 2020 aux chiffres enregistrés sur la même période en 2018 et 2019.
Ils ont également utilisé l’imagerie satellite et les chiffres de consommation de carburant des transports urbains, pour faire des recherches sur les données relatives aux émissions et aux embouteillages, fournies par la technologie de suivi intégrée aux téléphones et aux voitures dans le monde entier.
Sans surprise, les chercheurs ont constaté que les niveaux d’émissions ont chuté de façon spectaculaire au cours de cette pandémie. La baisse la plus notable s’est produite au cours de la semaine du 12 de 2020, celle qui a débuté le dimanche 15 mars, lorsque des mesures nationales de confinement ont été mises en place.
« Nous avons vu les niveaux de congestion routière diminuer de 69 % à Toronto et de 75 % à Montréal, par rapport à la même semaine en 2019 », déclare l’auteur principal du document, Xuelin Tian.

Moins d’essence pour de l’air plus pur

Le document note que la consommation d’essence a diminué de près de moitié au cours des premières semaines de cette pandémie, avec une baisse correspondante des émissions de dioxyde de carbone. La consommation d’essence a ajouté 8 253,52 millions de kilogrammes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère en avril 2019, selon les données des auteurs. Ce chiffre est tombé à 4 593,01 millions de kilogrammes en avril 2020.
Depuis le début de cette pandémie, les niveaux de concentration de dioxyde d’azote ont également baissé de manière significative à Vancouver, Edmonton, Toronto et Montréal. De même, les niveaux de concentration de monoxyde de carbone, qui est étroitement liés aux secteurs des transports et des équipements mobiles, ont baissé. À Edmonton, les niveaux de concentration de monoxyde de carbone ont chuté de pas moins de 50 %, passant de 0,14 parties par million en mars 2018 à 0,07 en mars 2020.
Les émissions ont recommencé à augmenter au cours de l’été, mais les chercheurs n’ont pas encore eu l’occasion d’examiner les données du deuxième confinement qui a débuté à la fin de l’automne/hiver 2020. En plus de fournir une sorte d’instantané d’une période particulièrement inhabituelle, ces données peuvent également aider les gouvernements à évaluer l’impact à long terme du remplacement des véhicules à gaz par des véhicules électriques dans les rues des villes canadiennes.

Réduire le nombre de véhicules à essence

« Cette pandémie a donné l’occasion d’analyser des scénarios, bien que cela n’ait pas été fait exprès », explique M. An, titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia sur la lutte contre les déversements et l’assainissement. « Partout, les gouvernements tentent de réduire l’utilisation de carburants à base de carbone. Nous disposons maintenant de données qui montrent ce qui se passe lorsque nous réduisons le nombre de véhicules à essence et l’effet que cela a sur les émissions ».
Cette recherche a été publiée dans Science of the Total Environment.
Source : Concordia University
Crédit photo sur Unsplash : Alexander Popov