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Une étude présente de nouvelles preuves convaincantes sur ce que fait réellement une protéine-clé appelée alpha-synucléine dans les neurones du cerveau. Le Dr Giuliana Fusco, auteur principal de l’article, a déclaré « cette étude pourrait permettre d’obtenir davantage d’informations sur cette maladie neurodégénérative débilitante qui peut rendre les gens incapables de marcher et bouger normalement.

L’alpha-synucléine peut former des amas

Si nous voulons guérir la maladie de Parkinson, nous devons d’abord comprendre la fonction de l’alpha-synucléine, une protéine présente dans le cerveau de chacun. Cette recherche est une étape essentielle vers cet objectif ».
La maladie de Parkinson touche principalement les personnes de plus de 60 ans et s’aggrave sur plusieurs années, mais une maladie de Parkinson précoce peut toucher des personnes encore plus jeunes. Plus de 10 millions de personnes dans le monde vivent avec la maladie de Parkinson. Cette maladie peut toucher les femmes, mais les hommes sont plus susceptibles d’en être atteints.
On ne sait pas encore pourquoi les gens contractent la maladie de Parkinson, mais les chercheurs pensent que c’est une combinaison de facteurs liés à l’âge, à la génétique et à l’environnement qui provoque la mort des cellules nerveuses productrices de dopamine, affectant la capacité du corps à se déplacer.
Cette nouvelle étude a examiné ce qui se passe dans des conditions saines pour aider à identifier ce qui ne va pas dans les cellules des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Toutes les cellules du corps ont une membrane plasmique qui protège les cellules et transporte les nutriments à l’intérieur et élimine les substances toxiques.
Le Dr Fusco a expliqué : « l’une des principales questions de la recherche sur la maladie de Parkinson est la suivante: quelle est la fonction de l’alpha-synucléine, la protéine qui, dans des conditions pathologiques, forme des amas qui affectent les capacités motrices et cognitives ? Habituellement, on découvre une protéine pour sa fonction et on explore ensuite ce qui ne va pas quand une maladie se présente »

Normalement elle joue un rôle important

« Dans le cas de l’alpha-synucléine, cette protéine a été identifiée pour son association pathologique mais nous ne savions pas ce qu’elle faisait dans le neurone. Nos recherches suggèrent que la protéine alpha-synucléine colle à la face interne de la membrane plasmique des cellules nerveuses mais pas à la face externe – une nouvelle information cruciale ». Les scientifiques ont utilisé des modèles synthétiques pour imiter les membranes des cellules du cerveau pendant cette étude.
Le professeur Alfonso De Simone, de l’Imperial College de Londres et l’un des auteurs de l’article, a déclaré « lorsque cette protéine fonctionne normalement, elle joue un rôle important dans les mécanismes par lesquels les neurones échangent des signaux dans le cerveau. Mais elle a un côté sombre, quand elle fonctionne mal et commence à se rassembler en amas qui finissent par se répandre et par tuer les cellules saines du cerveau. Nos recherches ont montré que cette protéine s’accroche à la face interne de la membrane plasmique des cellules cérébrales. Nous dressons donc lentement le tableau de ce trouble très complexe en étudiant la fonction-clé de l’alpha-synucléine ».
Il existe des traitements et des médicaments pour les patients atteints de la maladie de Parkinson et heureusement elle n’est pas mortelle, mais rien n’est disponible pour inverser les effets de cette maladie. L’introduction de changements dans le mode de vie, notamment en se reposant davantage et en faisant de l’exercice, peut également atténuer les symptômes.

Inverser ou même guérir la maladie de Parkinson

Le professeur De Simone a ajouté : « nous avons des milliers de protéines dans notre corps et tant que la fonction de cette mystérieuse protéine ne sera pas confirmée par des recherches plus approfondies, on ne pourra pas commencer à développer des traitements médicamenteux pour s’attaquer aux origines de la maladie de Parkinson. » Mais si nous comprenons bien cette protéine alors inverser ou même guérir cette maladie deviendra possible.
Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.
Source : University of Cambridge
Crédit photo : StockPhotoSecrets