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Une nouvelle étude remet en question l’origine du corps céleste qui s’est écrasé à la surface de la Terre il y a des millions d’années, provoquant une extinction mondiale qui a anéanti les dinosaures. Selon ces recherches, l’impacteur pourrait provenir d’une sphère massive de matière glacée qui entourerait le système solaire, connue sous le nom de nuage de Oort.

Un impacteur venant du nuage de Oort

Il y a environ 66 millions d’années, un gros morceau de débris cosmiques, connu sous le nom d’impacteur Chicxulub, a frappé la surface de la Terre, déclenchant une extinction massive, qui a mis fin au règne des dinosaures et a fondamentalement modifié la trajectoire de la vie sur notre planète.
Une nouvelle théorie suggère que l’impacteur Chicxulub pourrait avoir une origine moins lointaine. Selon un article sur ces recherches, l’impacteur pourrait plutôt provenir du nuage de Oort – une sphère diffuse composée de billions de morceaux de débris qui entoure notre Soleil et toutes les planètes du système solaire. Parfois, certains de ces objets glacés qui composent ce nuage sont perturbés par la gravité, ce qui les fait tomber vers le Soleil.
Dans cette nouvelle étude, des scientifiques de l’université de Harvard ont utilisé des analyses statistiques et des simulations gravitationnelles pour montrer qu’une population importante de comètes pourrait être influencée par la gravité de Jupiter lorsqu’elles se dirigent vers l’intérieur. Ces interactions forcent les débris cosmiques errants à adopter de nouvelles orbites qui les rapprochent du Soleil. Lors de cette approche un type de perturbation gravitationnelle connu sous le nom de perturbation par les marées peut provoquer la fracture des comètes, et les placer sur une trajectoire qui croise la trajectoire de la Terre.
« Lors d’un événement solaire, la partie de la comète la plus proche du Soleil ressent une plus forte attraction gravitationnelle que la partie la plus éloignée, ce qui entraîne une force de marée sur l’objet », explique le coauteur de cette nouvelle étude, Amir Siraj, étudiant en astrophysique à Harvard. « On peut obtenir ce que l’on appelle un événement de perturbation par la marée, dans lequel une grande comète se brise en plusieurs morceaux plus petits. Et surtout, sur le chemin du retour vers le nuage de Oort, il y a une grande probabilité que l’un de ces fragments touche la Terre ».

Des morceaux ont frappé la Terre

L’analyse a révélé qu’environ 20 % des comètes nées dans le nuage de Oort deviennent des « compagnes du Soleil » après avoir été perturbées par la gravité de Jupiter. Associé aux événements de perturbation par les marées, cela aurait augmenté d’un facteur 10 les chances que des morceaux des comètes brisées frappent la surface de la Terre.
Selon les auteurs de cette étude, le taux d’impact de ces morceaux de comète perturbés par la marée qui frappent la Terre est synchronisé avec le moment de l’extinction de la masse de Chicxulub et d’autres événements d’impact formant des cratères.
« Notre article fournit une base pour expliquer l’occurrence de cet événement », déclare le coauteur Abraham Loeb, un astronome de Harvard. « Nous suggérons que, en fait, si vous brisez un objet lorsqu’il s’approche du Soleil, il pourrait donner lieu au taux d’événements approprié et aussi au type d’impact qui a tué les dinosaures ».

Examiner les restes d’autres impacteurs 

Les preuves trouvées sur de nombreux sites – dont le cratère de Chicxulub – qui ont révélé que l’impacteur était une forme primitive de météorite chondrite carbonée, peuvent également soutenir cette nouvelle théorie. On pense que les chondrites carbonées sont rares parmi les nombreux corps errants du système solaire qui peuplent la ceinture principale d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Cependant, elles pourraient représenter une composition commune pour les comètes qui proviennent du nuage de Oort. À l’avenir, l’équipe a l’intention d’examiner les restes d’autres impacteurs qui ont formé des cratères à la fois sur la Terre et sur sa Lune.
Cette recherche a été publiée dans Scientific Reports.
Source :  Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics
Crédit photo : Pixabay