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La cataracte est la maladie oculaire la plus courante chez l’homme. Cependant, les processus exacts qui conduisent à cette affection ne sont pas entièrement compris. Une équipe de chercheurs dirigée par l’Université technique de Munich (TUM) a maintenant découvert que la composition de la solution protéique joue un rôle décisif. Leurs conclusions sont contraires à l’opinion qui prévaut dans ce domaine.

Les cellules du cristallin 

Les cellules du cristallin sont constituées d’une solution protéique très concentrée et normalement claire. « Lorsque l’équilibre des protéines dans le cristallin est détruit, elles s’agglutinent et le cristallin devient trouble », explique le professeur Johannes Buchner de la chaire de biotechnologie de la TUM. Cela entraîne un état connu sous le nom de cataracte.
L’opacification peut avoir différentes causes. Comme les protéines du cristallin sont formées dans l’embryon et ne sont pas remplacées, les dommages peuvent s’accumuler au fil des ans, ce qui finit par l’obscurcir. C’est pourquoi la cataracte se manifeste principalement chez les personnes âgées. Mais certains individus ont une prédisposition génétique à cette affection oculaire, dans laquelle les protéines du cristallin mutent. Dans ces cas, la cataracte est présente à la naissance ou apparaît pendant l’enfance.

Les protéines instables sont éliminées immédiatement

Les scientifiques ont étudié des souches de souris affectées par des cataractes héréditaires. Ils ont travaillé avec le groupe de recherche entourant Jochen Graw, un expert en cristallins oculaires.
Jusqu’à maintenant, le point de vue dominant était que seules les protéines défectueuses de l’œil réagissaient les unes avec les autres et formaient des amas. Mais l’équipe de M. Buchner a maintenant démontré que ce n’était pas le cas chez les souris atteintes de « cataractes génétiques ». « Nous avons découvert que les protéines mutées et instables du cristallin n’étaient pas présentes », explique M. Buchner. « Elles sont éliminées immédiatement. » Au lieu de cela, les protéines « saines » s’agglutinent. « Notre modèle, basé sur ces nouvelles connaissances, dit que l’équilibre entre les différentes protéines, ou leurs rapports entre elles, est important. Lorsqu’un de ces composants est manquant, les autres interagissent et forment des amas ».

Une étape importante pour le traitement de la cataracte

De nombreuses études ont été menées pour comprendre les causes de la cataracte. « Mais jamais auparavant il n’y a eu une recherche aussi complète sur les cristallins chez les souris, comparant les populations sauvages et les mutants », explique M. Buchner. Ces nouvelles connaissances constituent une étape importante dans la recherche de nouvelles méthodes de traitement de la cataracte. La méthode la plus courante actuellement est la chirurgie, dans laquelle des cristallins artificiels sont implantés dans l’œil.
« Si vous comprenez exactement ce qui se passe, vous pouvez également réfléchir à des moyens qui pourraient utiliser des médicaments pour perturber ces  mauvaises interactions », explique M. Buchner. « Mais nous avons encore un long chemin à parcourir – et nous devons d’abord montrer que le modèle proposé s’applique également aux cristallins de l’œil humain ».

Un nouvelle façon de traiter cette maladie

Mais s’il s’avère que des médicaments peuvent perturber ces interactions chez l’humain, nous aurions une toute nouvelle façon de traiter cette maladie, laquelle touche des millions de personnes dans le monde.
Cette recherche a été publiée dans Nature Structural & Molecular Biology.
Source : Technical University Munich
Crédit photo : Pixabay