une-nouvelle-cible-pour-les-maladie-du-squelette
Les chercheurs de l’Institut Garvan de recherche médicale et de l’UNSW de Sydney, ont découvert un nouveau type de cellule osseuse qui pourrait révéler de nouvelles approches thérapeutiques pour l’ostéoporose et d’autres maladies du squelette.

Un nouveau type de cellule osseuse

Ces nouvelles cellules, que les chercheurs appellent « ostéomorphes », se trouvent dans le sang et la moelle osseuse et fusionnent pour former des ostéoclastes, des cellules spécialisées qui décomposent le tissu osseux. Elles ont un profil génomique unique qui révèle des cibles thérapeutiques prometteuses et encore inexplorées.
« Cette découverte change la donne, non seulement en nous aidant à comprendre la biologie osseuse, mais aussi en ouvrant de nouvelles voies importantes pour le traitement de l’ostéoporose », déclare le professeur Tri Phan, coauteur principal. « Les ostéomorphes expriment plusieurs gènes qui semblent être liés aux maladies osseuses, ce qui pourrait conduire les scientifiques à trouver des moyens entièrement nouveaux de cibler l’ostéoporose ».
À l’échelle microscopique, notre squelette est en constante évolution. Pour favoriser la croissance osseuse, l’entretien et la réparation des dommages, des cellules spécialisées à la surface de l’os décomposent le tissu osseux ancien (appelé résorption osseuse) et le reconstruisent. Une modification de cet équilibre peut entraîner une fragilité osseuse, notamment l’ostéoporose, qui, selon les estimations, touche 250 millions de personnes dans monde.
Pour mieux comprendre la résorption osseuse et la façon de la traiter, les chercheurs ont étudié les ostéoclastes, les cellules spécialisées dans la résorption osseuse, dans un modèle expérimental. En utilisant une technologie d’imagerie intravitale qui permet d’examiner en profondeur le tissu osseux vivant, les chercheurs ont remarqué que les ostéoclastes avaient un comportement inhabituel : ils se divisent en cellules plus petites, puis se réunissent pour former à nouveau des ostéoclastes.

Un processus complètement nouveau

« Ce processus était complètement nouveau pour nous. Jusqu’à présent, le consensus était que les ostéoclastes subissent une mort cellulaire après avoir fait leur travail, mais nous avons vu qu’ils se recyclaient en se séparant et en se réunissant à nouveau, un processus qui, selon nous, pourrait augmenter leur durée de vie », explique le Dr Michelle McDonald, premier auteur de l’article.
« Nous avons également trouvé ces cellules dans le sang et la moelle osseuse, ce qui suggère qu’elles peuvent se déplacer vers d’autres parties du squelette, comme une probable « réserve » de cellules prêtes à fusionner et à se déployer lorsque les ostéoclastes sont à nouveau nécessaires ».
Au-delà de la révélation de nouvelles pistes de traitement, ces résultats fournissent une explication d’un phénomène clinique couramment observé. Certaines personnes qui arrêtent le traitement de l’ostéoporose par le denosumab voient leur masse osseuse diminuer et le nombre de fractures vertébrales dites « de rebond » augmenter », explique le professeur Phan.
Les auteurs affirment que le denosumab bloque une molécule dont ils ont découvert qu’elle était nécessaire aux ostéomorphes pour former des ostéoclastes. Ils soupçonnent que les patients qui reçoivent du denosumab accumulent des ostéomorphes dans leur corps, et que ceux-ci sont libérés pour former des ostéoclastes, qui résorbent l’os, lorsque le traitement est arrêté.
Les chercheurs affirment que l’étude des effets du denosumab et d’autres médicaments contre l’ostéoporose sur les ostéomorphes pourrait permettre d’améliorer ces traitements et de prévenir leurs effets de sevrage.

Traiter plus efficacement l’ostéoporose 

« Bien que nous ne comprenions pas encore totalement le rôle des ostéomorphes, leur existence a déjà entraîné un changement majeur dans notre compréhension du squelette », déclare le professeur Peter Croucher. « Cette recherche a représenté un énorme effort international combiné dans de nombreuses disciplines scientifiques. Nous sommes impatients d’explorer comment ces cellules peuvent modifier l’approche de l’ostéoporose et d’autres maladies du squelette à l’avenir ».
Mais ces résultats suggèrent une nouvelle voie potentielle pour traiter de façon plus efficace, l’ostéoporose qui, avec le vieillissement, ne fera qu’augmenter dans plusieurs pays de la planète.
Cette recherche a été publiée dans Cell.
Source : University of New South Wales
Crédit photo : Pixabay