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L’injection d’hydrogels contenant des cellules souches ou des exosomes thérapeutiques, directement dans la cavité péricardique pourrait être un moyen moins invasif, moins coûteux et plus efficace de traiter les lésions cardiaques, selon une nouvelle recherche.

Traiter les lésions cardiaques

La thérapie par cellules souches est prometteuse comme moyen de traiter les lésions cardiaques, mais l’administration de cette thérapie directement sur le site de la lésion et son maintien en place suffisamment longtemps pour être efficace sont des défis permanents. Même les patchs cardiaques, qui peuvent être positionnés directement sur le site de la blessure, présentent des inconvénients car ils nécessitent des méthodes chirurgicales invasives pour leur mise en place.
« Nous voulions un moyen moins invasif pour amener un traitement au site de la blessure », explique Ke Cheng, Randall B. Terry, Jr. professeur distingué en médecine régénérative. « Utiliser la cavité péricardique comme un « moule » naturel pourrait nous permettre de créer des patchs cardiaques – sur le site de la blessure – à partir d’hydrogels contenant des produits thérapeutiques ».
Dans une étude de preuve de concept, Cheng et ses collègues ont examiné deux types différents d’hydrogels – l’un d’origine naturelle et l’autre synthétique – et deux thérapies différentes dérivées de cellules souches dans des modèles de crise cardiaque chez la souris et le rat. Les médicaments ont été administrés par injection intrapéricardique (iPC).

D’excellents résultats

Grâce à l’imagerie fluorescente, les chercheurs ont pu voir que l’hydrogel s’étalait pour former un patch cardiaque dans la cavité péricardique. Ils ont également confirmé que les cellules souches ou les exosomes thérapeutiques peuvent être libérées dans le myocarde, ce qui réduit la mort cellulaire et améliore la fonction cardiaque, par rapport aux animaux du groupe qui n’ont reçu que l’hydrogel sans traitement.
L’équipe s’est ensuite tournée vers un modèle de porc pour tester la sécurité et la faisabilité de cette procédure. Ils ont procédé aux injections d’iPC en utilisant une méthode peu invasive qui n’a nécessité que deux petites incisions, puis ont surveillé les porcs pour détecter les effets indésirables. Ils n’ont constaté aucune complication respiratoire, aucune inflammation du péricarde, ni aucun changement dans la chimie du sang jusqu’à trois jours après cette procédure.
« Nous espérons que cette méthode d’administration des médicaments au cœur permettra d’obtenir des procédures moins invasives et moins coûteuses, avec une efficacité thérapeutique supérieure », explique M. Cheng. « Nos premiers résultats sont prometteurs – la méthode est sûre et génère un taux de rétention des médicaments plus élevé que ceux actuellement utilisés. Ensuite, nous réaliserons des études précliniques supplémentaires sur de grands animaux pour tester la sécurité et l’efficacité de cette thérapie, avant de pouvoir commencer un essai clinique ».

Une procédure effectuée dans un cadre clinique

« Je pense que dans un futur proche, l’injection iPC pourrait être effectuée dans un cadre clinique, avec un accès péricardique. À cet égard, une seule petite incision sous anesthésie locale est nécessaire sur la paroi thoracique du patient », explique le Dr Joe Rossi, professeur associé et coauteur d’un article.
Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.
Source : North Carolina State University
Crédit photo : Pixabay