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La protéine de moustique AEG12 inhibe fortement la famille des virus à l’origine de la fièvre jaune, de la dengue, du Nil occidental et du Zika, et faiblement les coronavirus, selon des scientifiques du National Institutes of Health (NIH) et leurs collaborateurs.

Une protéine contre plusieurs virus

Les chercheurs ont découvert que l’AEG12 agit en déstabilisant l’enveloppe virale, brisant cette protection. Bien que cette protéine n’affecte pas les virus qui n’ont pas d’enveloppe, comme ceux qui causent la conjonctivite et les infections de la vessie, les résultats de cette étude, pourraient conduire à des traitements contre des virus qui affectent des millions de personnes dans le monde.
Les scientifiques du National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS), qui fait partie du NIH, ont utilisé la cristallographie aux rayons X pour résoudre la structure d’AEG12. L’auteur principal, Geoffrey Mueller, chef du groupe de résonance magnétique nucléaire du NIEHS, a déclaré qu’au niveau moléculaire, l’AEG12 détruit les lipides, c’est-à-dire les parties de la membrane ressemblant à de la graisse qui maintiennent les virus ensemble.
« C’est comme si l’AEG12 avait faim des lipides de la membrane des virus, et qu’elle se débarrassait de certains de ses lipides pour les échanger contre ceux qu’elle préfère », a déclaré Mueller. « Cette protéine a une grande affinité pour les lipides viraux et les vole au virus ».

Elle a un grand pouvoir de destruction

En conséquence, Mueller affirme que la protéine AEG12 a un grand pouvoir de destruction sur certains virus. Si les chercheurs ont démontré que l’AEG12 était surtout efficace contre les flavivirus, la famille de virus à laquelle appartiennent le Zika, le virus du Nil occidental et d’autres, il est possible que l’AEG12 soit efficace contre le SARS-CoV-2.
Mais, selon M. Mueller, il faudra des années de bio-ingénierie pour faire de l’AEG12 une thérapie viable contre le COVID-19. Une partie du problème réside dans le fait que l’AEG12 détruit également les globules rouges. Les chercheurs devront donc identifier des composés qui permettront à cette protéine de cibler uniquement ce virus.

L’AEG12 fait éclater l’enveloppe virale

Alexander Foo, chercheur invité au NIEHS et auteur principal de l’article, explique que les moustiques produisent de l’AEG12 lorsqu’ils prennent un repas de sang ou sont infectés par des flavivirus. Comme les humains, les moustiques mettent en place une réponse immunitaire vigoureuse contre ces virus, l’AEG12 faisant éclater leur enveloppe virale.
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : National Institutes of Health
Crédit photo : StockPhotoSecrets